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 [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...

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MessageSujet: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Sam 13 Déc 2008, 09:50

[HRP]
Bonjour et bienvenu(e) ami(e) rp'iste,
je me présente, ldj Prouvencao qui va diriger son avatar masqué et comploteur avec comme nom d'emprunt Sixela.
Cette introduction hrp ne devrait avoir lieu dans ce rp, mais j'y tiens pour replacer les faits. Personne ne sait que derrière Sixela se cache Prouvencao, pas même les autres comploteurs (et il en va de même pour eux), je me permet cette préface pour prévenir de possibles amalgames rp futurs entre Prouvencao et d'autres joueurs, et recentrer les règles rp que certains oublient trop souvent, tuant le rp. Que je ne trouve pas une personne qui envoie à Prouvencao un mp (via Aix ou le jeu), ni qu'un quelconque joueur ne m'en parle en taverne. Si vous souhaitez participer à ce rp, vous en avez le droit, mais nous n'hésiterons pas à sanctionner par la voie de la modération les dérives hrp, insultes et autres, pas de super héros dans ce rp à visée rationnelle, pas de massacre des comploteurs, et si les Marquisaux disposent d'une police qu'ils souhaitent faire interagir avec nous, pas de problème, mais nous donnerons les indices pour leur permettre un rp parallèle cohérent, car nous serons heureux d'avoir des joueurs prêts à faire les rôles des gardes marquisaux ou autres défenseurs du pouvoir en place (et ne soyez pas surpris si ces derniers sont infiltrés par des comploteurs et espions). Persos du cc ou du mao bienvenus. Vous avez envie d'en savoir "plus", contacter Sixela par mp. D'ailleurs si les admins souhaitent ouvrir un sous-forum hrp au forum "Paysage provençal" pour permettre une meilleure communication entre rp'istes ;)

Merci de votre compréhension, ldj Prouvencao
[/HRP]


RP : "Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse..."


Introduction

Hiver 1456, Avignon, joyau de la Provence Libre, orgueilleuse cité de l'Indépendance, ou tout simplement repaire de brigands dans tous les sens du terme... Située au nord de l'intersection formée par le Rhône et son affluent la Durance, la ville est le siège d'une institution peu connue des Provençaux, et pas reconnue par les souverains étrangers : le Marquisat, censé défendre l'indépendance de la Provence.

Protégés derrière les épais et hauts murs de la cité aux imposantes tours, le Marquis et sa cour évoluent dans un fastueux et ostentatoire palais, loin de la réalité économique et politique de la société provençale. Son fief, aussi appelé Comtat d'Avignon, est une étape "privilégiée" - obligatoire - pour les voyageurs, à la croisée des chemins entre le Comtat provençal, le Pays d'Arles en dépendant, et le Royaume de France, pénétrant ou sortant de Provence Libre.

Normalement sous contrôle par la Garde marquisale, le territoire n'est pas sans risque, il n'est pas rare de voir un citoyen provençal se faire détrousser sous les murs de la ville. Affamé, sans un sou, ces derniers se réunissent dans les Faubourgs sud avant de reprendre la route ; autour d'un repas chaud, et d'une bière, leur langue se délit, ils osent ouvertement critiquer les impuissantes institutions provençales qui ne les protègent pas, conspuent sur le Marquis et son entourage d'adorateurs bien peu soucieux de leurs difficultés quotidiennes.

Cette Provence divisée depuis des années peine à trouver son identité. Les hommes vont et viennent, attirés par le pouvoir, par l'octroi de terres et de privilèges. Mais aujourd'hui, des voix s'élèvent de partout pour dénoncer les mensonges du pouvoir en place.Contre ces individus qui ont détourné notre pure indépendance pour leur profit personnel.Leur réponse ne varie pas : étouffer les idées dissidentes, s'approprier les meilleures, décourager les opposants par la calomnie, l'insulte, et l'humiliation dans le but unique de protéger leurs acquis. Il y a longtemps que l'avenir du Comté ne les intéresse plus. La Provence mérite mieux.
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Sam 13 Déc 2008, 19:48

Chapitre 1 : l'Ordre des Choses

Entre le pont d'Avignon et la Cité, s'étendaient les Faubourgs Sud. Ce vaste quartier était le refuge des indésirables, les portes de la Cité restaient quant à elles interdites à ces petites gens. Il était tellement fréquent d'y voir des rixes dégénérer que les patrouilles marquisales étaient doublées la soirée et durant la nuit. Les tavernes étaient bondées. Les tables proches du foyer étaient déjà toutes prises, et lorsque la porte s'ouvrait pour laisser entrer un voyageur, le courant d'air glacé l'accompagnant faisait qu'il était accueilli par les grommellements et les jurons, puis la rumeur retombait comme elle était née, l'étreinte glacée laissant place à la chaleur quand la porte claquait.

Dans les ruelles sombres, seule la clarté de la Lune faisait scintiller les piques et les armures des gens d'armes, et la faible lueur de la lanterne de leur sergent les guidait dans les ténèbres envoûtantes. Caché à l'ombre des arcades, un fantôme préférait lui s'envelopper dans la nuit rassurante, profitant du moindre recoin sombre assurant sa sécurité. Les cliquetis des cottes de mailles et des armes blanches, à peine étouffés par les harnais et les tabards, marquaient la confiance et la légitimité de l'escouade marquisale. L'homme se plaqua contre le mur, retenant son souffle et resserrant son emprise sur la poignée de sa coutille. Puis il se déplaça furtivement, ne révélant sa présence à la gauche garde. Ses pas feutrés se confondirent avec ceux d'un chat qui passa rapidement dans les jambes des soldats. Surpris, ils s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle, plus de peur que de mal, mais c'est à ce moment là qu'ils entendirent les pas précipités et grossièrement étouffés de l'individu.

A l'ordre de leur officier, la troupe tenta en vain de poursuivre la chimère dans le dédale sombre. Elle faisait tellement de bruit, que l'homme disparut. Ce dernier, enfin rassuré, ralentit le pas en longeant les fenêtres d'une taverne mal famée dont l'intérieur était noirci par la fumée. La porte en chêne massif semblait être son seul rempart, trois coups rapides et sourds sur le judas en métal, et ce dernier s'ouvrit. Un œil menaçant et suspicieux accueillit l'importun. Cependant la pupille du cerbère se décontracta lorsque le visiteur lui lança :


Au Royaume des Aveugles, le Borgne est Roi !

Le judas se referma, un bruit de verrou et la lourde porte s'ouvrit enfin avec le grincement familier de gonds mal huilés. La chaleur et la lumière accueillirent l'homme au col remonté et au chapeau enfoncé jusqu'aux oreilles. Il sortit aussitôt de la poche de son mantel un masque blanc au nez allongé, permettant de déformer la voix, pour le mettre sur le visage.

Bonvespre senher, ils vous attendent dans la pièce du fond, dit l'homme aux épaules larges.

L'individu se rendit donc dans l'arrière-boutique où une large table était disposée. Il sourit sur le pas de la porte, de voir les personnes, attablées, encapuchonnées, et n'attendant plus que lui. Il se dirigea d'un pas tranquille vers son siège, en bout de table, sur lequel il s'affala. Puis, si redressant légèrement grâce à l'accoudoir, il s'adressa aux autres :

Et bien... nous voilà donc tous réunis ici, comme convenu... Avant d'aller plus loin, ce qui ne sont pas sûrs d'eux peuvent s'en aller, bien entendu ils devront garder le silence quand à ce qu'ils auraient pu voir ou entendre... rappelez-vous, nous sommes une organisation honorable, nous ne voulons que le bien de notre patrie, l'Ordre des Choses se bat pour la Provence Libre !

Il se tue, préférant laisser la parole à qui la voulait, il n'avait plus rien à ajouter...
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Dim 14 Déc 2008, 20:48

Ce soir là, elle était à Aix.
Délaissant momentanément progéniture et mari, elle était passée à son appartement pour attendre le crépuscule. Bien entendu, elle aurait pu agir en pleine journée, à visage découvert, mais aucun soupçon ne devait peser sur elle. Sa famille en aurait pâti, son suzerain également.
Deux heures qu'elle tournait, faisait les cent pas, soulevant à intervalles réguliers la lourde tenture bleue qui masquait la fenêtre.
La nuit tombait lentement, trop lentement à son goût. Si lentement que la petit fiole qui ne la quittait plus livra sa dernière goutte ambrée avant que l'heure du rendez-vous ne soit arrivée.

Une fois les ténèbres bien installées, celle qui se ferait appeler Redaixane put enfin troquer sa robe contre des braies, et revêtir une lourde cape noire. Passant ses mains sur ses épaules, elle rabattit le large et profond capuchon qui allait lui offrir l'anonymat.
Elle se glissa dans la pénombre du couloir, ombre silencieuse. Elle s'entrainait depuis plusieurs jours, compter les pas jusqu'à l'escalier, apprendre à reconnaître la sonorité du plancher qu'on atteignait une fois la dernière marche descendue...

Une porte s'ouvrit dans une rue plutôt bien fréquentée, laissant s'échapper une frêle silhouette noire. Ses pas rapides la menèrent le long des ruelles, passant du quartier résidentiel des nobles à un quartier bien moins fréquentable. Son épée pesant à sa taille, elle resserra ses doigts autour du pommeau à mesure qu'elle pénétrait là où les gens de sa condition n'étaient appréciés que pour la lourdeur de leur bourse.

Elle égrenait mentalement les rues de son itinéraire appris par coeur. Si jamais elle oubliait, elle se retrouverait piégée en pleine nuit dans ce quartier dont elle ne connaissait rien. Un bref instant de panique à la dernière intersection, une hésitation... Trois rues s'offraient à elle, et ce satané nom ne voulait pas lui revenir. Ses tergiversations s'évanouirent alors qu'une désagréable impression de mouvement derrière elle la fit bondir en avant, choisissant au hasard l'une des trois rues. L'opération était risquée, mais se faire attaquer avant aurait été stupide.

Le hasard fut de son côté et l'amena jusqu'à la porte décrite. Redaixane avait beau se retourner de temps en temps, elle ne parvenait pas à distinguer quoi que ce soit. Elle aurait pourtant juré que quelqu'un l'observait. Le judas s'ouvrit, et le regard menaçant qui l'accueillit la fit hésiter un instant. Un bruit sourd dans la rue vint à bout de son silence alors qu'elle jetait précipitamment le mot de passe à l'homme grommelant devant tant d'hésitations.


Au Royaume des Aveugles, le Borgne est Roi !

La porte s'ouvrait à peine que l'ombre s'y faufilait déjà, sous le regard circonspect du taulier. Il avait rarement vu de visiteur aussi peu courageux. Adossée contre le mur, le coeur qui lui donnait l'impression de vouloir sortir de sa poitrine, elle saisit sa petite fiole dont quelques gorgées lui firent retrouver son calme. Les quelques regards qui s'étaient levés par curiosité lui rappelèrent le foulard qui pendait à son cou. Elle le releva sur son nez, ne laissant de visible qu'une paire d'yeux d'un vert sombre.

Suivant les indications du tavernier, elle rejoignit les autres dans l'arrière salle.
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Lun 15 Déc 2008, 18:38

Les faubourgs d’Aix. Au loin, le château, siége de la vie provençale, se découpe dans l’horizon crépusculaire.
Chevaux, carrosses, gardes, militaires vont et viennent.

La capitale est le cœur de la Provence, même si les vrais aixois sont peu nombreux.

Ville administrative, de réunion des conseillers comtaux, des parlementaires, de la noblesse et des érudits, elle fourmille d’activité en journée.

Les provençaux de souche savent qu’au-delà de son aspect de rigueur, Aix cache des quartiers oubliés, bien loin de la politique et ses luttes de pouvoir.

Des lieux où vit une population hétéroclite, vaquant à ses occupations anodines pour les notables mais sans lesquelles la Provence n’existerait pas.

Là, un artisan prépare des vêtements commandés par l’intendance du château ; derrière se trouve une boulangerie réputée pour ses pièces montées ; plus loin, des dresseurs de chevaux ; des forgerons ou encore des charpentiers.

Tout ce petit monde s’active pour l’essor de son Comté.

Libre et fier.

Ces provençaux n’ont que faire des longs débats d’Avignon, lieu fermé pour leurs semblables.

Ils évoluent dans l’instant présent.

Leurs priorités varient entre la fourniture de bêtes robustes, la confection de vêtements à coût raisonnable pour permettre la revente aisée, la sécurité des routes, de bonnes récoltes …

Tous les deux mois, ils se présentent dans les couloirs aixois pour voter.

Dans l’espoir que leur quotidien change.
Que les notables vont enfin améliorer leur vie, leur donner une raison d’exister.

Un privilège leur clame-t-on !

Illusion.
Leurs élus ne les écoutent pas.

Alors, ils se réunissent.
Dans le secret, impossible de faire autrement.

Aprés quelques choppes, les barriéres tombent et les vérités sortent.

Ils se gaussent des sauveurs de la Provence auto-proclamés, uniquement intéressés par leur nombril.

La meilleure blague de la semaine est celle du Marquis de droit divin.
Tous s’esclaffent à cette rumeur.

Le rire atténue leurs souffrances, un instant. Trés vite, les vrais problèmes reviennent.

Ils déplorent la prolifération des brigands à Avignon.
Leurs amis revenant de l’étranger leur donnent une image déplorable de la Provence, isolée et pauvre.

Pauvre … Où va l’argent de leur labeur ?
Eux qui alimentent les marchés, triment dur à la mine, proposent des prix imbattables pour les fêtes prestigieuses du Comté…

Un sentiment d’injustice croît dans ces tavernes.
La tension est palpable.

Une étincelle, juste une étincelle qui manque puis la Provence s’embrasera.


Depuis des mois, une silhouette encapuchonnée fréquent ces lieux sordides pour les hauts-placés, sincéres à ses yeux.

Elle écoute, elle apprend et elle prépare.
L’avénement de la nouvelle Provence. Le renouveau attendu par ces pauvres âmes.
Bientôt, une main leur sera tendue pour construire un avenir serein.

Des sacrifices seront nécessaires. Inévitables. Cruels.
Emprisonnement, menaces, rumeurs, rien ne sera épargné aux fortes-têtes.
Sortir du lot n’est pas une qualité reconnue par ce gouvernement.

Certains n’y survivront pas. Mais le mouvement sera lancé, plus rien ne l’arrêtera. Car la cause est juste.


Un couple éméché sort de la taverne en scandant des cris contre le marquisat, appelant à sa destruction.
L’ombre décide de les suivre, à distance.

Des activistes, ils en ont besoin. Les recruter sera facile.

L’homme renverse des paniers de fruit à proximité ; la femme quant à elle barbouille les murs et fenêtres d’inscriptions raillant le Marquis et sa cour.
Ils s’encouragent l’un l’autre, entraînant un tapage nocturne qui ne tarde pas à attirer les curieux. Des bougies s’allument aux fenêtres des maisons avoisinantes.


Trop de mouvement, trop de bruit, Avignon n'est pas loin. La réaction ne se fait pas attendre.
Des pas cadencés se rapprochent prestement.

Il n’est pas question qu’elle se fasse prendre. Elle a une mission, un but à atteindre.
Elle se glisse contre le bâtiment le plus proche, non éclairé.


Les gardes rejoignent les deux agitateurs.

Moment choisi par la donzelle pour projeter un caillou dans la fenêtre d’un poste de recrutement de la garde marquisale.

Les cinq hommes, armés et entraînés, la maîtrisent et l’attachent sans ménagement.

Son compagnon tente de s’interposer.
Dans son état d’ébriété avancé, il ne fait pas longtemps le poids. Les coups répétés le réduisent au silence.

Se félicitant mutuellement de leur exploit, les brutes prennent la direction de leur caserne, traînant la prisonnière.

Ils laissent l’homme au sol, inerte.

La scène est insupportable mais intervenir serait une erreur.

Attendre.

Cinq minutes. Que le calme revienne.


A peine remise des ses émotions, la mystérieuse femme quitte sa cachette.

S’approche de l’homme, laissé pour mort, seulement pour mort, Aristote soit loué, mais sous le choc, elle osa lui lancer :
« J’ai tout vu, mon frère, l’heure de la vengeance n’a pas encore sonné, mais nous nous organisons... Et lorsque nous frapperons, ce sera fort et juste. Si tu veux reprendre ta liberté, rejoins nous..."

Lui glisse un morceau de parchemin dans son pourpoint...

"Tu m’y trouveras. Attention, sois discret. Et n’oublie pas le code. Le gardien n’est pas conciliant et il est si facile d’attribuer un cadavre de plus aux gardes marquisaux. »

Elle lui murmure le mot de passe, puis disparaît dans la nuit, tel un mirage.


Dernière édition par Lezarela le Mar 16 Déc 2008, 09:23, édité 1 fois (Raison : Correction signature invisible)
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Lun 15 Déc 2008, 21:25

Depuis quelques jours déjà elle avait reçu ce fameux parchemin... Elle l'avait longtemps tourné entre ses doigts, n'y voyant rien qui puisse lui indiquer la provenance... Et puis la curiosité, et Aristote sait à quelle point elle en est pourvue, l'avait fait sauter le pas.
Mains tremblantes, l'esprit imaginant déjà les pires nouvelles, elle avait lu.

C'était le grand soir. Vêtue d'une longue cape sombre, le capuchon relevé sur la masse de ses cheveux, elle allait d'un pas élastique vers son but. Tête baissée, elle se chantait à elle-même une vieille chanson de guerre que son soldat de père lui avait apprise. Point trop fort, mais juste assez pour la rassurer.

Un miaulement ici, un grognement canin en réponse là.
Un ricanement sortit du capuchon. Voici l'histoire résumée de ce pays... Vous miaulez et on vous répond par un hargneux grognement.

La silhouette élancée haussa les épaules. La jeune femme savait qu'il fallait que cette situation change... C'est pour cette raison qu'elle avait appris par coeur la manière de se rendre à l'endroit voulu dans cette ville inconnue. Elle ignorait tout de ceux qu'elle allait rencontrer, ils ignoraient sans doute beaucoup d'elle hormis le fait qu'elle aimait la Provence déjà et qu'elle n'avait pas peur de dire qu'elle était prête à lutter pour elle. Sans doute une des raisons pour qu'au milieu de la nuit, après une très longue marche, elle pénétrait dans un quartier peuplé d'ombres et de bruissements inquiétants.

Sous la large cape qui la couvrait, elle avait la main crispée sur le pommeau de son épée. Continuant de chantonner, elle bénissait son vieux père qui lui avait enseigné le maniement des armes. Un doute... N'aurait-elle pas du emporter arc et flèches ? Non, trop difficile à dissimuler.

Fracas d'une fenêtre ouverte avec brusquerie.
Babello se colle au mur qu'elle longe. Soupire quand un flot d'immondices tombe du ciel, répandant ses miasmes nauséabonds sur les pavés. Reprend son cheminement, les narines pincées de dégoût en regrettant déjà les doux parfums de son verger. Le regard voyage, cherchant les repères donnés jusqu'à arriver à cette porte qui représente le but de sa présence nocturne. Prudente, observe un instant depuis l'autre coté de la venelle...

D'un geste soudain décidé, la jeune femme abaisse son capuchon, sort de sa besace ce qui semble un chiffon et l'enfile sur son visage, nouant les liens derrière sa tête. Remet le capuchon, l'abaissant jusqu'à ses sourcils. Nul autre qu'elle ne sait désormais qui elle est.

Grande inspiration, longues enjambées.
La porte.
Poing qui se lève et assène quelques coups. Le judas s'ouvre presque aussitôt. Recul surpris de la mince silhouette : Un oeil noir et menaçant la regarde.


" - Hum... Euh. "

Hésitation. Le mot de passe, mille fois ressassé ne revient pas. Nouvelle inspiration. Se dit qu'au pire elle pourra partir en courant... Ah voila ! C'est pourtant tellement vrai... Et le ton triomphal énonce :


" - Au Royaume des aveugles, les borgnes sont rois !"

Cliquetis, un grincement et le lourd vantail de chêne s'ouvre sur une pièce mal éclairée. Le portier la dévisage un instant puis tend le bras vers le fond de la pièce mal éclairée. De la trogne de mal embouché sort une voix caverneuse.


" - Sont là-bas."

Le coeur battant mais l'esprit décidé, Babello pousse la porte indiquée. Incline le chef pour saluer et vient lentement prendre place autour de la table.


Edition pour corrections diverses.


Dernière édition par babello le Mar 16 Déc 2008, 08:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Mar 16 Déc 2008, 06:13

« Aux Bonnes Miches à Germaine »

Depuis quelques semaines déjà, des ouvriers s’activaient à l’intérieur d’une bâtisse des faubourgs d’Aix.

Dans la cave avaient été installés d’énormes fourneaux de briques, et le rez de chaussée aménagé en deux grandes pièces, reliées par une antichambre. Dans la première trônait, au beau milieu, une cuve de bois, de belle taille, qui pourrait accueillir une douzaine de personnes. Sur les côtés étaient disposés une quinzaine de baquets, plus petits, destinés à des couples. Dans la deuxième avait été maçonnée une étuve, et des bancs avaient été installés.

A l’étage, des cloisons avaient été abattues et faisaient place à des alcôves, fermées par des tentures de velours violine, où étaient disposées des couches confortables, une petite table sur laquelle étaient disposés une bassine et un broc d’eau, quelques serviettes.

Dans l‘antichambre, un énorme comptoir. Derrière ce comptoir, la maîtresse des lieux, Germaine.

Germaine était une ancienne abbesse, activité bien peu lucrative au regard de celle qu’elle comptait exercer là… Germaine était gironde, à n’en pas douter ! Gironde était même un doux euphémisme, lorsque l‘on considérait l’opulente poitrine qui avait valu ce nom au nouvel établissement : « Aux bonnes miches à Germaine »…

Demain, elle recevrait des marchands, qui sauraient lui fournir toutes les marchandises dont elle aurait besoin. Et un recrutement s’imposait, elle trouverait bien quelques jeunes demoiselles bien fraîches, prêtes à tout pour quelques écus et le couvert, sans compter quelques femmes mariées, avides de sensations fortes. Les bains étaient parfaits pour ce genre d’activités. Il lui faudrait aussi un cuisinier, quelques valets.
Elle se frottait déjà les mains, ses doigts boudinés dans d’énormes bagues frémissaient à l’idée de les plonger dans les coffres emplis d’or qui l’attendaient, elle n’en doutait pas.

Elle savait qu’en Provence, derrière les façades bien pensantes, derrière leur présumée noblesse, se cachaient les instincts les plus vils, les plus bas. Elle saurait les satisfaire, pour mieux les écraser.

Car sa véritable mission était bien là… les écraser ! La chair flasque de ses bras en frémissait. Toute cette clique méprisante, ignorante de la véritable noblesse, allant presque, pour certains, jusqu’à diviniser un ancien boulanger, sans doute pour le remercier d’avoir distribué à tour de bras sa semence de dépravé….. Les mettre à terre, pleurant, suppliant, implorant qu’on les épargne. Voilà le but qu’elle s’était fixé et aussi, accessoirement - autant profiter de l’aubaine - s’en mettre plein les poches.

Ici, derrière le spectacle de la luxure étalée sans vergogne, s’ourdirait le futur.
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Mer 17 Déc 2008, 18:44


Dans un appartement à Aix

Elle vérifia une ultime fois son apparence dans la glace, un sourire désabusé prit place sur son visage. Le coton dans les joues faisait merveille, elle avait eu du mal à s’y faire, mais ne regrettait pas son effort. Ses narines paraissaient plus larges, grâce à la cire parfumée qu’elle y avait glissée. Les sourcils, soigneusement redessinés , semblaient beaucoup plus fournis.

Elle avait dû se résoudre à cacher sa chevelure : elle avait tiré et attaché ses cheveux vers l’arrière, un long bandeau de soie noire avait fait le tour de sa tête, effaçant ainsi toute trace d’elle.

Elle fit quelques « vocalises » avant de placer sa voix un demi octave plus bas qu’à l’ordinaire, fit un essai : voix grave et chaude, ce qu’il fallait… Marcas savait qu’elle ne serait pas reconnue : elle était passée à plusieurs reprises devant son mari, sans qu’il ait eu le moindre soupçon.

Enveloppée dans une longue cape noire - le noir n’était-il pas la teinte idéale ? La marque de l’ombre dans laquelle nous étions plongés depuis trop longtemps ? - elle sortit discrètement de chez elle et s’en fut vers les faubourgs d’Aix.

Elle y avait repéré un nouvel établissement, et savait qu’on y recherchait un cuisinier. Peut-être une cuisinière ferait-elle l’affaire ? En tout cas, elle tenterait sa chance… et ne doutait d’ailleurs pas qu’elle serait engagée sur le champ. Elle imaginait déjà le champ des possibilités qui s’offrirait à elle. Ce genre d’établissement, à n’en pas douter, attirerait toutes sortes de personnages, tentés pour certains par des liaisons faciles et éphémères, d’autres préférant goûter là le plaisir du bain en compagnie galante, en appréciant de bons mets, de bons vins. On y trouverait là du renfort, c’était dans l’ordre des choses. Et aussi… mais n’anticipons pas, ma belle ! Patience !

Etablissement de bains

Toute à ses pensées, elle était arrivée et, sans hésiter, frappa fermement à la porte et entra. Elle eut un léger sursaut, vite réprimé, à la vue de la femme installée derrière un comptoir, puis s’avança vers elle, tentant un sourire amène.

« Bonjorn, Dame Germaine ! L’on m’a appris en ville que vous recherchiez un cuisinier. J’ai des dons certains pour la cuisine, je puis vous l’assurer ! Pour vous le prouver, je vous propose de me prendre à l’essai une semaine. Vous êtes satisfaite, vous m’engagez et me payez ma semaine. Vous ne l’êtes pas, vous ne me payez pas. Vous voyez que je ne plaisante pas ? Ma motivation est énorme…. »

Elle se tut et laissa la drôle de dame la scruter avant de lui répondre :

- Eh bien ! Eh bien ! Que d’entrain, ma belle ! Vous ne vous êtes pas présentée, mais mon odorat me souffle que vous ne me donnerez pas votre véritable identité. Mais vous me plaisez bien ! Votre aplomb me sied, votre motivation me sert. Je subodore cependant chez vous d’autre dessein que celui de servir des repas dans mon établissement. J’ai toujours eu du flair, et vous m’intéressez.

Marcas était surprise d’avoir été tout de suite percée à jour et n’hésita que quelques instants avant de tout lui expliquer à voix basse - les murs ont des oreilles - avant de lui demander si elle voulait en être. Elle aussi avait du flair, et elle savait que Germaine accepterait. Cette dernière ne réfléchit d’ailleurs pas longtemps, serra la main de Marcas, disant :

- Je ne pensais pas trouver si tôt ce que je recherchais ! Je vous suis donc, ma belle !

Elles partirent toutes deux dans la nuit, deux silhouettes disparates, marchant vers l’avenir. Marcas allait sans hésitation vers le lieu de rendez-vous, connaissant les moindres recoins de ces quartiers prétendus mal famés.
Elles arrivèrent devant la porte close et Marcas frappa trois coups fermes, le judas s'entrouvrit, elle annonça la couleur :


Au Royaume des aveugles, le borgne est roi !

La porte s'ouvrit, leur livrant le passage.
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Mar 23 Déc 2008, 14:10

Vers son destin


Inutile de s’éterniser sur les lieux …

Les cloches de la Cathédrale sonnent. Elle n’est pas en avance.

*Soupire*

Elle accélère le pas jusqu’à l’embranchement désigné sur le plan. La ruelle en face, c’est là …

Une solide appréhension s’empare d’elle.

Ne prend-elle pas trop de risques ? A-t-elle bien dissimulé ce qui pourrait permettre de l’identifier ? Son choix est-il le bon ?

Oui, bien sûr, elle a vu les mensonges d’Avignon, son inutilité, sa décadence. Certes asservir un peuple à la vanité de certains en usant de l’idéal de la Provence Libre mérite d’être combattu mais … combien le paieront de leur vie ? Pire, si une guerre civile éclatait ?

« Foutaises ! » se dit-elle, écartant ainsi le moindre doute. Agir selon sa conscience, quitte à se sacrifier pour le bien commun, voilà la vérité.

Au coin, une taverne relativement propre et surtout éclairée !

Lezarela entre subitement, sans un regard aux villageois présents. Elle se renseigne auprès du tenancier pour utiliser un miroir contre quelques deniers.
Rapide état des lieux : rien de suspect n’apparaît. Elle a même poussé le vice jusqu’à teindre ses cheveux en noir.

Parfait, méconnaissable. Elle ressort aussi vite qu’elle est entrée, bousculant au passage un pilier de comptoir en pleine tentative de saisie de poignée de porte.


Sa convocation à cette mystérieuse réunion l’intriguait autant qu’elle l’effrayait.

Pas de sceau, juste une présentation des idées d’un groupe dissident « L’Ordre des Choses », un plan, l’annonce d’une première rencontre, des instructions et une signature « Sixela ».

Elle avait d’abord pensé à une plaisanterie. Personne de son entourage ne s’était cependant manifesté à ce sujet. Alors, elle avait relu le mot, sans rien découvrir de plus si ce n’est créer l’envie de savoir.

Maintenant, elle y était presque. La croisée des chemins ? Des pas timides vers une Provence plus forte ? Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets dit la sagesse populaire …

Devant l’entrée, elle réfléchit une dernière fois, ne voulant rien laisser au hasard.
Si elle parle … N’importe qui peut la reconnaître ! A la réflexion, les discours prononcés sont oubliés sans doute. Heureusement, se dit-elle un sourire en coin.

Frappe à la lourde porte, un œil apparaît au judas.

Inconsciemment, elle modifie légèrement son timbre de voix :
« Au Royaume des aveugles , le borgne est Roi ! »

Le bruit typique des verrous résonne. Elle en compte trois. Pas d’irruption surprise. Ni de fuite rapide d’ailleurs. Espérons que ce ne soit pas un piége. Quoique ? Mourir pour une cause à laquelle on croit, quoi de plus beau ?

Elle se retrouve face à un géant à la mine patibulaire. *Grande respiration*
Intimidée, elle avance à la suite du colosse. Elle remonte son col, enfonce sa coiffe, précautions somme toute inutiles vu le peu de lumière de l’endroit.

Au bout d’un couloir, après avoir passé plusieurs alcôves enfumées remplies d’individus parlant fort et peu courtois, l’homme lui désigne d’un geste désinvolte la pièce où elle est attendue.

S’y trouvent déjà plusieurs personnes, quatre femmes. Peut-être des gens qu’elle côtoie tous les jours. Le message était clair : « Le vent de la révolte souffle jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir. Votre identité doit rester secrète, à chacun. De notre discrétion dépend notre réussite. Pour la Provence Libre ! »

En silence, elle leur fait un signe de tête et s’assied à la table, sans tenter de découvrir leurs visages. Après tout, seules leurs actions comptent. Les identités, ma foi, quelle importance ? Tout le monde porte un masque …
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Ven 26 Déc 2008, 22:01

Jehan n’a rien compris de la succession des événements.

Faut dire qu’il avait pas tout saisi non plus de la succession de verres de bière en taverne …

Il se souvient juste de cette rage en lui lorsqu’il s’aperçut que les pièces lui manquaient pour une autre tournée !
Et pour cause … Jeune tisserand, il déplore le peu de vente de ses confections. Les marchés sont en surproduction, pas d’écoulement possible. Pourtant, les matières premières, il les a financées. Evidemment, faut payer les impôts. Sur son élevage de moutons et son échoppe. Pas moyen de vivre décemment avec ça ! Peu de rentrées, dépenses fixes.

Et pourquoi faire ? Organiser de somptueuses fêtes à Avignon, commander des repas onéreux et renouveler la garde-robe des favorites du Marquis ?

Si au moins il était fournisseur attitré. Mais non, tout cela se fait entre privilégiés. Des marchands cossus s’engraissent encore plus tandis que les artisans doivent rogner sur leurs loisirs.

De tout cela il en avait assez. Sa compagne aussi et hors de la taverne, dans ces ruelles glaciales, ils allaient le faire savoir.

L’amusement fut de courte durée, ça il s’en souvient.

Douloureusement.

Il se redresse, dans un état semi-comateux. Des lancements violents se font sentir dans ses côtes, il a du mal à respirer et du sang s’écoule de son visage.
Désespéré, apeuré, transi de froid, il se dépêche de retourner chez lui en titubant.

Après une très brève toilette, il s’assied et réfléchit. Un détail lui revient … le bout de parchemin glissé dans sa poche. Il enfile son épais mantel, avantage des invendus pour le producteur , puis se rend auprès de son ami Guy, le serveur de la taverne d’en face.


« Ah non, Jehan, cette fois, pas de crédit ! Mon patron va pas me garder si tu payes pas. »

« J' viens pas pour ça. Lis-moi ce mot, discrètement. Vite ! »

Interloqué, Guy s’exécute. « Chuuut, parle pas trop fort. Je suis sur le coup du siécle. Ma dette, j’vais t’la rendre au centuple mon ami ! »Lui sourit et sort de la taverne en direction du lieu indiqué.

Arrivé sur place, il énonce au portier de faction « Au Royaume des aveugles, le borgne est Roi. » Hihi. Toute cette sécurité lui plaît bien. C’est du sérieux, ça va enfin bouger en Provence et plus personnellement, il compte sur cette organisation pour lui permettre de se venger.

Il a une pensée pour son amie, Clothilde. Ils devaient se marier. Bon l’amour tout ça, y avait rien de la sorte mais elle était robuste. Pour le travail au champs, elle était parfaite. Puis une bonne buveuse. C’était le passé maintenant. Il sait qu’elle ne reviendra pas mais la moindre goutte de sang versée par ces sagouins honorerait sa mémoire.

Il arrive enfin dans la salle de réunion. La mystérieuse femme est là. Il se fiche pas mal d’elle, et des autres personnes présentes. Ils ont un ennemi commun apparemment. Il n’est là que pour ça. Les utiliser comme moyen pour ses propres fins.


« ‘soir M’sieurs, Dames, alors paraît qu’on va causer boulot dangereux ici ? S’il y a de la castagne contre les brutes en armures, je suis des vôtres. »

Un homme se lève, le chef sans doute et prend la parole.

Sixela a écrit:
" Et bien... nous voilà donc tous réunis ici, comme convenu... Avant d'aller plus loin, ce qui ne sont pas sûrs d'eux peuvent s'en aller, bien entendu ils devront garder le silence quand à ce qu'ils auraient pu voir ou entendre... rappelez-vous, nous sommes une organisation honorable, nous ne voulons que le bien de notre patrie, l'Ordre des Choses se bat pour la Provence Libre !

" Ouaip, c'est bien beau ça mais c'est quoi le plan ? "

Son nom pour ces gens sera Hadès.
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   Lun 19 Oct 2009, 14:05

Je demande pardon au Très Haut pour tout le mal que j'ai pu faire...
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MessageSujet: Re: [RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...   

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[RP] Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...
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