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 Orangette épicée

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CastelOrAzur
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MessageSujet: Orangette épicée   Jeu 08 Sep 2011, 08:18

[Grimaud, cabinet du Baron]

Assis derrière son bureau, Mateù donnait les dernières directives à Alessio. Tout devait être im-pec-ca-ble pour ce soir : les Orange venaient dîner. Le Baron ressentait cette petite pression liée aux grandes réceptions. C’est qu’il fallait faire impression, ce soir. Car si Savié et lui se fréquentaient depuis des années, il n’en allait pas de même concernant Jehanne…

Maintenant que le domestique number one venait de tourner les talons, Mateù plongea son attention dans quelque courrier jonchant son pupitre. Son regard se porta sur un mot -doux- de Prunille. Il put contenir un sourire. Un peu crispé, le sourire. C’est qu’avec elle, il se sentait atteindre le degré de bonheur le plus élevé. Et Seigneur que cette perspective était flippante ! Parvenir au top, c’est oublier tout espoir de meilleur. S’engager dans cette apothéose, c’est vivre le climax de son existence.

Et voilà… Il n’en était plus très loin. Mais en attendant cet engagement, prévu pour très bientôt, Mateù comptait bien pimenter ce qui lui restait à découvrir…



[Grimaud, Grande Cuisine]

Après avoir reçu les ordres, il les transmettait. La place d’Alessio n’était pas enviable tous les jours. Subir les caprices et délires quotidiens du Baron n’était pas tâche aisée. Mais progressivement, celui-ci était devenu le confident et confesseur de Mateù. Le laquais s’était immiscé dans tant de secrets qu’un renvoi était inimaginable. Sauf via une épée ou un saut dans le vide, bien entendu.

Par moments, il devenait la conscience-même du Baron. Peut-être était-il le dernier lien qui l’ancrait encore dans une certaine réalité. Toujours était-il qu’Alessio s’était pris d’affection pour son maitre. Voir un Baron si dépendant de son valet avait quelque chose d’attachant.

L’excitation de Mateù à l’idée de sceller son union avec Prunille renforçait le côté versatile de celui-ci. Il se montrait dur et inflexible en public, mielleux et enfantin en privé. Une chose était sûre : ce mariage ne pouvait que stabiliser la vie de Mateù avant qu’elle ne s’effiloche irrémédiablement. Autre certitude : le dîner de ce soir mettait en danger ce projet idyllique…


_________________


- Mateù 'Castel' de Sabran -
Vicomte de Fréjus, Baron de Grimaud, Seigneur de Nans-les-Pins, Seigneur de Lambesc, Seigneur de Callas, Chevalier Teutonique

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Jehanne Audisio
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Jeu 08 Sep 2011, 17:39

Ah, on y arrivait enfin. Le diner, ce diner attendu depuis un bail... Et qui finalement ne serait pas celui prévu. Et ouais, l'époux s'invitait... Or... ce diner était censé être un tête à tête, selon l'intitulé des enchères. Qu'à cela ne tienne ! Il y en aurait deux !
Ainsi songeait Delta, ou plutôt Jehanne, tandis qu'elle se préparait. La matinée s'était passée sous la bénédiction de Morphée, "Madame" ayant assuré son service jusqu'à l'aurore... Elle était lasse et avait profité des bras de ce dieu grec jusqu'après le repas de midi.

Elle se contenta de quelques fruits, grappillés durant son bain, tiède, presque froid, il était ici question d'avoir la chair ferme pour le soir. - oui, l'époux serait présent ! et alors ? - Ainsi en tenue d'Êve, la Baronne se prépara, commençant par coiffer ses cheveux - longs et bien noirs - d'elle même. Il est des moments où il est hors de question de laisser des mains impies s'occuper de sa toison.
Ceux-ci relevés en un savant chignon laissant apparaitre sa nuque, elle alla observer sa garde robe. Quelle tenue lui irait mieux que la noire corbeau, à l'instar de sa chevelure, celle que Prunille - douce ironie - avait créé pour les occasions telles que celles-ci ? Aucune, mon colonel, elle devait éblouir ce soir.

D'éblouissant, ce serait sans doute tous les morceaux de sa peau pâle que laisserait apparaitre sa robe... En l'observant avant de la mettre, elle se demanda un instant comment elle pouvait tenir... En l'enfilant, elle ne se posait plus de question. Elle s'observa dans son miroir - une fortune ! quelle dépense ! Si son époux savait... - et elle s'accorda même un sourire.
La robe couvrait son épaule droite et masquait ainsi la vilaine cicatrice qui la marquait, laissant poindre, tout de même, un morceau du tatouage, invitation à la découverte. L'autre était nue, le tissu simplement retenu par un ruban assorti... S'il y avait une manche sur le bras droit, en moulant le galbe jusqu'au poignet, le gauche était aussi apparent que l'épaule, nu. L'asymétrie parfaite.
Quant au dos et au ventre, eux, avaient la symétrie parfaite, son décolleté, aussi serré soit il, plongeait jusqu'à son nombril qu'il ne laissait que deviner, le dos, lui, étant plongé dans le même dénuement. Aussi étonnant soit-il, Callas avait su faire en sorte que le tissu ne bouge pas, restant en place, malgré les mouvements.
Sa peau, blanche, se démarquait de ce carcan de soie, elle se plaisait. Comme toujours. Le bas était un savant assortiment de soies bleu foncé et noires, plissées comme il se devant, sans fente aucune, d'une sobriété à toute épreuve... qui lui moulait tout de même le séant avant de tomber naturellement, jusqu'au sol, masquant ses pieds. Ce soir, elle ferait de petits pas.

Petite touche à sa mise, un peu de noir sur ses lèvres et ses yeux, une mèche échappée volontairement du chignon, tombant sur son épaule nue. Nul bijou autre que son alliance et, elle allait voir un diacre tout de même, sa médaille de baptême ajustée sur une longue chaine d'or, et allant se perdre juste là où l'œil ne la voyait pas très bien, là où le regard des hommes avait tendance à se poser.
Un voile de soie sur ses épaules qu'elle entoura, on se dévoile doucement... Et puis, il ne faisait pas si chaud. Elle alla chercher son époux à qui - encore une fois - elle avait imposé la tenue. Il était hors de question qu'il soit ridicule !

Elle se sentait "Madame", ce soir, prête à croquer, négocier... Bref, ce soir, comme tous les soirs, elle aurait ce qu'elle voulait.
Anachronique la tenue ? Non, non... Cianfaranesque !
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Dim 11 Sep 2011, 15:21

Il venait de se changer.
Pas vraiment par plaisir, il fallait le reconnaitre.

Là où pour lui, il était prêt, sa tendre lui demanda d'aller se préparer.
Là où pour lui, il s'était habillé avec goût, elle lui avait déjà préparé ce qu'il devait mettre, insistant sur le "soyez bien habillé pour une fois".

Il n'était pas homme à se vexer, loin de là - surtout pour ce genre de détails - mais la répétition de la chose, qui la propulsant au rang "d'habitude de couple", commençait à l'agacer.

Il redescendit. Il était bougon, même si la perspective de voir son ami lui remontait le moral.
Ce cher Mateù, qui l'avait, spontanément, si gentiment invité ce soir.
Dans l'entrée, il vit son épouse.

Vous êtes magnifique ! aurait été ce qu'il aurait dû dire.
Allez-vous habiller, vous êtes en chemise de nuit ! aurait été ce qu'il aurait dû penser.

Allons-y ! fût ce qu'il dit, ne prêtant aucune attention à l'armure de guerre psychologique dont s'était affublée sa charmante femme.

Simon était aux commandes de leur voiture pratiquement toutes options - une lubie de son épouse, pour la sécurité de leurs déplacements selon ce qu'elle avait dit.
Sièges en cuir rembourrés, lucarne de séparation avec le chauffeur, frein à main, direction assistées par rênes, rideaux de courtoisies, 4 roues à mobilités accrues - à défauts de motrices, et personnalisation avec gravure de leurs armes sur les portes.
Une quatre chevaux, bien qu'il trouvait cela parfaitement inutile, il devait avouer que dans les côtes, ils étaient beaucoup plus rapides.

Il avait pourtant gardé son ancien modèle, qu'il trouvait bien moins tape à l'œil, permettant des déplacements discrets. Mais ce que femme veut...

Bref, ils partaient.
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CastelOrAzur
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Ven 23 Sep 2011, 18:46

Tout semblait en ordre.

Mateù venait d’inspecter le salon où les invités seraient accueillis. Puis celui où ils trinqueraient tous ensemble. Ainsi que celui où ils dineraient. Le « Salon Libertin », lui, ne requérait aucune inspection particulière : il était toujours prêt à l’emploi.


Baron ! Voiture en vue !

Cette annonce fit bondir Mateù. Enfin, elle approchait.

Et Savié, aussi.


J’ai reconnu les armes d’Orange ! Vous aller voir ! Jamais véhicule n’a semblé rutilant. Il brille dans le coucher de soleil et…

Le Baron coupa le domestique un brin excité d’un cinglant « Je m’en tamponne, de l’emballage ! Ce qui m’intéresse, c’est son contenu ! »
« Tiens, c’est un peu l’histoire de ma vie, en fait » soupira-t-il.

Quoique… en parlant d’emballage… celui de Jehanne était particulièrement réussi. Y a pas à dire, les courbes galbées du modèle et les doigts de fée de la couturière étaient faits les unes pour les autres. Le Baron ne tarderait pas à le découvrir.


La voiture des Orange ne fut, exceptionnellement, arrêtée par aucun contrôle. Les consignes avaient été claires : personne ne devait les ralentir sous peine de s’attirer les foudres aristotéliciennes – oui, carrément. Aussi, l’attelage parvint sans difficulté jusqu’à la cour principale où il s’immobilisa.

Déjà Alessio attendait sur le seuil, prêt à offrir son aide à Jehanne lorsqu’elle se coulerait hors du véhicule. Là encore, les consignes ne laissaient pas la moindre place au doute : s’il le fallait, les domestiques se coucheraient sur le chemin afin qu’elle ne se salisse. Instruction aussi extrême que stupide, puisque dans le même temps Mateù avait ordonné un dixième ratissage des petits cailloux délimitant cour, voirie et jardins.

Le Baron, quant à lui, se tenait à proximité du « Salon des Visiteurs », prêt à y faire irruption pour accueillir ses hôtes…

_________________


- Mateù 'Castel' de Sabran -
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Jehanne Audisio
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Mar 27 Sep 2011, 11:33

Comme à son habitude, son époux était aveugle... et cela lui allait très bien ainsi, à la Jehanne. Pas de commentaire, si ce n'avait été lui, elle aurait pu en être vexée, mais elle se complaisait dans ces silences où il ne la voyait pas. Sa vie était parfaite ! Des amants discrets, du plaisir à tout va, un fils magnifique (il tenait de sa mère...), non, vraiment... Ne serait-ce que l'absence inexpliquée de l'oiseau e nuit, tout irait pour le mieux... Quoiqu'elle n'aurait sans doute pas provoqué ce dîner s'il avait été là.

La voiture toutes options, élan de modernisme auquel elle avait fait céder son époux... S'il savait qu'elle se foutait du confort comme de sa première chemise... Elle préférait aller à pieds ou à cheval directement, mais le paraitre est ce qu'il est. Elle paraissait si bien qu'elle en aurait semblé contaminée aux yeux de l'ex brignolais s'il l'avait vue ainsi. Elle le chassa de son esprit, il lui fallait garder l'esprit clair, ce soir.

Elle savourait tout de même le confort de la voiture, arriver sans avoir mal au séant, c'était plutôt agréable. Ils arrivaient, d'ailleurs... Le cocher amorça le ralentissement du véhicule, non aux grilles du domaine, mais en arrivant près du perron devant lequel il s'arrêta.
Elle laissa son époux sortir le premier, il marquait pour ce dîner presqu'autant d'envie qu'elle.

Le bras du domestique fut bienvenu, la tenue, toute belle qu'elle était ne permettait que peu de liberté de mouvement, tout comme elle ne lui permettrait guère de manger beaucoup. Elle sortit, donc, une main relevant savamment sa robe pour qu'elle ne frôle pas le sol, puis elle saisit le bras de son époux de l'autre et avança.

Alessio les conduisit directement au Salon des visiteurs. Delta, qui avait toujours le sens du spectacle, refusa qu'il lui prenne son foulard pour la débarrasser. Non, cela serait beaucoup plus amusant de l'ôter quand Grimaud arriverait. Ce qu'elle ne manquerait pas de faire, bien entendu.
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Ven 21 Oct 2011, 16:40

Ils arrivèrent, Savié descendit et ils avancèrent.

C'était tout à fait le genre d'enchainement d'évènements auxquels ils ne prêtaient aucune attention particulière.
A tel point que si on lui avait dit 5 minutes plus tard que sa femme lui avait tenu le bras 5 minutes plutôt, il ne l'aurait pas cru.

Il avait toujours trouvé la décoration de Grimaud à son goût. Suffisamment pour la remarquer, ce qui était un exploit en soi.
Surement faite par Andexeria.

Il regardait à droite et à gauche, parcourant le mur des yeux.
Il aurait dû remarquer la fraicheur de l'ambiance.
Il aurait dû remarquer que sa femme avait froid, ne voulant même pas quitter son écharpe.
Il aurait dû la prendre sous son bras pour la réchauffer un peu.

Il ne fît que s'assoir en attendant son ami, sans dire un mot, mais en glissant tout de même un sourir à son épouse.

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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Sam 05 Nov 2011, 16:30

On y arrivait… Les invités venaient de pénétrer dans le premier salon. Mateù, lui, se trouvait juste derrière le second accès à la pièce. Les deux mains appuyées sur une porte, le Baron approcha son oreille pour la plaquer contre le bois.

Elle était là, de l’autre côté de cette mince séparation. J’y vais ou j’y vais pas ? Comment pouvait-il même hésiter ? Il ne se l’expliquait pas. Mais chaque rencontre avec Jehanne lui mettait une pression énorme ! Il y avait un peu de ce besoin d’être à la hauteur. Un peu de cette peur de blesser l’époux-ami. Un peu de la crainte de trahir Prunille.

Cependant, il n’allait tout de même pas les laisser moisir sur place. Même si l’endroit était richement décoré, Mateù doutait de la pertinence d’un tel geste. Aussi, il prit une profonde inspiration, réajusta une mèche rebelle d’un revers de la main et poussa brusquement les deux battants qui lui faisaient face. C’est donc les bras écartés, à l’horizontale, que l’hôte de la soirée apparu à ses invités.


Salut les gars ! Non, un peu trop familier.
Bonjour la compagnie ! Dans le genre classe, on a connu mieux.
Hello les amis ! Mateù détestait l’anglois, langue ô combien vulgaire.
Ciao ragazzi ! L’italien résonne parfaitement à Grimaud. Mais est-ce le cas à Orange ?
Yep bro’, bien ou bien ? Heu…

Finalement, Mateù trancha et se fendit d’un cinglant : Bonsoir très chers ! Soyez les bienvenus à Grimaud, havre de paix autant que de débauche ! D’où lui était venue une introduction aussi ringarde ? C’est ce qu’il parut se demander lui-même, un instant.

Cette seconde de réflexion passée, il s’avança vers Savié pour le saluer d’abord et garder le meilleur pour la fin. Le Baron tendit la main droite afin d’attraper celle de son ami. Ceci fait, la gauche vint renforcer l’étreinte accompagnée de quelques secousses bien viriles, comme on les aime.

Quant il se tourna vers Jehanne, Mateù se fit plus délicat (dans les limites autorisées par sa rusticité naturelle.). Il se contenta d’un baisemain exécuté dans les règles de l’art. Main tendrement saisie, lèvres à un centimètre et genoux pliés. Les cours de bienséance répétés durant son enfance portaient leurs fruits, à nouveau.


J’espère que vous avez fait bonne route demanda-t-il banalement.

Ne restons pas dans cette pièce austère En réalité, elle ne l’était pas du tout. Mais le salon suivant était plus opulent, encore.

Les convives franchirent le seuil par lequel Mateù avait fait son entrée fracassante. Au-delà de celui-ci, ils découvrirent l’endroit où ils allaient trinquer. Les murs étaient ornés de tapisseries très colorées (limite criardes). Quelques tableaux de grands Maitres italiens rehaussaient le tout. On frôlait le mauvais goût. Mais les peintures, pures chefs d’œuvres, excusaient toutes les fantaisies de la pièce.


Prenez place, je vous en prie proposa Mateù, en indiquant trois fauteuils. Lui-même s’enfonça dans l’un d’entre eux (le plus éloigné du feu ouvert… c’est que la tenue de Jehanne le faisait déjà assez suer !). Les coudes pliés sur les accoudoirs lui permettaient d’entrelacer ses doigts qui formaient un porte-menton des plus confortables.

Alessio ! A boire !

En un instant, le domestique se retrouva au chevet du Baron. Il semblait être apparu de nulle part. En réalité, il se tenait prêt, dans une pièce adjacente. C’est qu’Alessio avait reçu des instructions extrêmement strictes. Le service devait être parfait ce soir. D’ailleurs, il avait fier allure le laquais toscan. Costume net, coiffe et barbe impeccables, hygiène étrangement sûre. On avait beau dire, le service à l’italienne, ça a de la gueule. Mateù en était convaincu depuis… depuis qu’il avait voulu changer son personnel. Il s’était rabattu sur des Belges. Bien moins chers. Il comprit rapidement pourquoi ! Odeurs de graisse, caves vidées, accent horrible, fibre artistique inexistante… En fait, s’ils coutaient moins chers, c’était surtout en ablutions.

Bref, ce soir, Alessio était aux commandes. Du coup, tout Grimaud était certain que la soirée se déroulerait au mieux. Du moins, en ce qui concernait le service. Et c’est dans un français parfait -bien que quelques « r » passèrent à la moulinette du roulement- que la liste des boissons fut énumérée.


Notre sélection viticole compte parmi les plus enviée de Provence précisa fièrement Alessio, avant de poursuivre.

Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Loire, Rhône et bien sûr, Provence.

Alors qu’il allait poursuivre avec d’autre propositions bibitives, le laquais fut coupé par son maitre.

Mes amis, pour commencer en douceur, je vous conseille un petit coteau varois dont vous me direz des nouvelles !

Immédiatement, le domestique disparut sans laisser la possibilité aux invités de protester. Et à peine Mateù put-il engager la conversation que, déjà, Alessio revint, plateau à la main. Sur celui-ci trônait fièrement la bouteille de vin accompagnée de trois verres en cristal, gravés aux armes de Grimaud.

Mateù fit un signe de la main. Alessio parut le comprendre puisqu’aussitôt il abandonna le plateau sur la table basse plantée au milieu du trio de convives. Le Baron verserait lui-même le breuvage. Il se permit de se servir en premier. Deux doigts, pas plus. Juste histoire de le gouter. Bien sûr, Alessio s’en était déjà occupé. Mais Mateù n’en pouvait plus de cette chaleur. La robe de Jehanne le déshydratait au plus haut point.

Son verre vidé d’une traite, il se consacra à ses invités. Il commença, évidemment, par l’Orangette. Quand tous trois furent servis, l’hôte leva son verre.


A cette soirée tant attendue !

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- Mateù 'Castel' de Sabran -
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Jehanne Audisio
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Lun 02 Jan 2012, 18:54

Jehanne charmante, charmée, un rien - faut dire qu'il avait bien retenu ses leçons de savoir vivre, le futur époux de Prunille - Jehanne, donc, avança dans le second salon. Elle prit le temps d'observer les peintures, d'évoluer tranquillement dans la pièce.

Quand vint le moment de s'asseoir, elle choisit le siège près du feu, consciente que la lueur des flammes sur sa peau pâle ne pouvait qu'être magique en cet instant. Elle se défit de son foulard, la chaleur de l'âtre, sans doute ! Ou la vision qu'elle offrait sur son épaule et son bras gauche, dénudés... et sur le décolleté plus que plongeant qu'elle dévoilait enfin. La chaine soutenant sa médaille de baptême se perdait dans l'ombre de sa poitrine couverte du tissus cianfaranesque.

Un sourire léger orna ses lèvres alors qu'elle prenait place dans le précité fauteuil. Profond. Après avoir modifié son assise pour se tenir au bord du fauteuil, les genoux surélevés, s'ils offraient belle vue, n'étaient pas du meilleur goût, elle se trouva à son aise. Elle se pencha légèrement vers leur hôte pour prendre le verre qu'il lui tendait.

Regard croisés, légèrement, créer le trouble, jouer, elle était à fond dans son rôle, Delta. Elle leva son verre.

- À cette soirée... inattendue.


Ben oui, quoi, le mari n'était pas vraiment prévu au programme à la base ! Non mais vraiment...

Elle goûta le vin, le trouva bon, en reprit une gorgée, carminant ses lèvres.


- Faut-il vraiment parler du vin ou vous prévoyez d'autres sujets de discussion, Mateù ?


Sourire amusé aux lèvres, pupilles pétillant de malice, elle regardait Grimaud sans ce soucier de son époux. Ne pas faire attention à son mari ? C'est ce qu'elle faisait le mieux ! Ce soir encore en était la preuve.
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   Lun 09 Jan 2012, 17:04

Savié est dans la place. Tout baigne.

Il était là. Juste là.
Il ne calculait pas. Il n'était pas franchement sexy, et ne savait pas faire d’œillades.
Donc il était là.

Il s'était assis non loin de sa tendre, mais elle avait pris le fauteuil le plus proche de Mateù.
Lui, était un peu plus en retrait, très légèrement.

Il se pencha bien plus que son épouse pour prendre son verre, mais fit très certainement bien moins d'effet.

Il trinqua également :

A cette soirée entendue.

Le Baron parla du vin, la baronne l'envoya dans les roses.
Savié prit les devants pour le défendre. Après tout, le vin était un breuvage d'homme. Il était clair que si le Baron avait parlé de ça, c'était à l'intention de l'autre Baron.

Il ajouta donc :

Voyons ma douce, ne soyez pas mal polie.
Je trouve ta cave très intéressante pour ma part Mateù.

Je t'en prie, poursuis.
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MessageSujet: Re: Orangette épicée   

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