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 [RP] La roue tourne

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Eavan
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MessageSujet: [RP] La roue tourne   Lun 02 Juil 2012, 00:22

[Rians]

Cela faisait plusieurs semaines qu'Eavan était devenue la gestionnaire des terres de Rians. Prendre la suite de sa cousine était aisé. Malgré sa longue maladie, Marianne avait fort bien géré ses affaires. La nouvelle vicomtesse avait pu s'appuyer sur un personnel réduit mais d'une grande qualité et sur sa proximité d'avec les gens de Barjols. La jeune femme lisait les comptes de la semaine lorsqu'on vint frapper à sa porte. Felipe, son bras droit salonais qui l'accompagnait partout, venait l'informer que la personne qu'elle attendait était enfin arrivée. Un sourire éclaira le visage d'Eavan. Cela redevenait une habitude. Sourire ... La jeune femme rangea son parchemin, se leva et sortit de son cabinet de travail pour rejoindre la salle d'audience.
Un homme se tenait là, visiblement pas très à l'aise, son chapeau malmené nerveusement entre ses mains. Eavan s'avanca avec un sourire apaisant. L'homme s'inclina en prononcant les formules d'usage. Il se présenta ensuite. Tristan, Maitre Veneur rattaché à Rians. La jeune femme l'invita à parler en marchant ... Elle souhaitait qu'il lui montre le domaine. Tristan était responsable du domaine de chasse et tandis qu'ils rejoignaient les écuries, il lui parla longuement du gibier, des zones de chasse ...
Il fallut peu de temps pour préparer deux montures et quitter le castel. Eavan avait grand besoin de se changer les idées et une chevauchée autour du domaine était l'occasion parfaite. La vicomtesse avait vite fait comprendre à Tristan qu'il était pardonné de son retard, et la nervosité s'était dissipée pour laisser place à la passion pour la chasse. L'homme savait tout du domaine. Eavan buvait ses paroles avec avidité. Elle avait quelques bons souvenirs de chasse, notamment avec Azraelle ... Après plusieurs heures de discussion quant à la gestion du domaine de chasse de Rians, la vicomtesse signala au Maitre Veneur qu'il pouvait disposer.

Tandis qu'elle s'apprétait à rejoindre le castel à son tour, son regard s'attarda au sud. Une idée lui vint. Toulon ne devait pas être loin. Elle n'y était pas revenue depuis l'abandon de la ville. Un sourire mutin lui vint. Le castel pouvait bien attendre un peu. Revoir le port et les vestiges du quartier de l'Espadon ... Cela lui ferait chaud au coeur.
Porfitant du chant des cigales et des odeurs de pinèdes, Eavan guida son cheval en direction de Toulon.

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Hersende
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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Lun 02 Juil 2012, 21:28

[Avignon]

Dans quelques mois, après son abdication, Hersende quitterait la Provence, laissant le Marquisat entre les mains d'un ou d'une autre. Elle ne voulait pas penser à ce que serait "l'après" et s'étourdissait dans le travail pour s'ôter tout loisir de se poser des questions... sans réponses.

Heureusement d'ici là, elle avait fort à faire...

Asseoir le Marquisat par des institutions fortes, avant tout. Elle souffrait de la lenteur de la Commission Marquisat, tout en étant consciente que cette dernière avait abordé des questions de fond dont la résolution était délicate et nécessitait de prendre son temps pour en mesurer toutes les implications.

Et puis il y avait la sécurité... Depuis des années, Hersende s'était spécialisée dans ce domaine, par obligation au départ, par goût et instinct ensuite. Elle avait imposé à son secrétaire un rituel matinal quasi immuable : elle commençait chaque journée en consultant les rapports des douanes qu'on lui envoyait par pigeon et étudiait les listes d'arrivants qu'Yvain avait soigneusement déposés sur son bureau, afin d'y repérer tout élément suspect. Parfois elle appelait le jeune homme et lui dictait une brève missive adressée à un maire ou au Centre de Sécurité du Territoire provençal pour alerter sur une anomalie.

Elle s'attelait à rédiger un projet de programme de sécurité qui mettrait la Provence à l'abri – du moins elle l'espérait – de toute surprise.
Mais les ports présentaient un danger potentiel. Or si Arles et Marseille bénéficiaient d'une surveillance active, Toulon était encore un port naturel dans lequel des individus mal intentionnés pourraient débarquer à l'insu des forces de sécurité. Ce talon d'Achille provençal inquiétait Hersende et elle restait persuadée qu'il faudrait construire des défenses pour dissuader les navires hostiles.

Elle avait envoyé les jours précédents des gardes en repérage dans le village maintenant abandonné dont les ruines témoignaient du rayonnement passé, mais après avoir consulté le rapport qu'ils avaient fait de leur visite, ce matin-là, elle reposa le parchemin d'un geste impatient, resta un instant songeuse... puis un petit sourire se dessina sur ses lèvres et elle fit venir son secrétaire :


Yvain, je m'absente pour un petit voyage. Donnez des ordres pour qu'on me prépare des coffres pour quelques jours. Je prendrai une voiture légère et une escorte réduite... par pitié, négociez ça avec le Capitaine de ma Garde!


Depuis son enlèvement l'année précédente, sortir sans un régiment complet de gardes devenait un tour de force, sa Garde ne s'étant jamais pardonné les faits. Pourtant Hersende n'en avait jamais fait grief qu'à elle-même, puisqu'elle était ce soir-là sortie secrètement du château.

Je pars pour Brignoles dans ma propriété et poursuivrai sans doute jusqu'à Toulon pour y inspecter l'état de nos défenses.

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Hersende de Brotel, Comtesse de Valréas et de Mazan, Baronne d'Istres, Dame de Céreste

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Eavan
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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Lun 02 Juil 2012, 22:19

[Sur les routes ... vers le sud]

Eavan avait mis pied à terre. La chaleur devenait écrasante à mesure que le soleil montait. La vicomtesse n'avait pas réellement prévu une telle expédition. Elle était en pleine remontrance mentale lorsqu'au détour d'une sente, elle distingua quelques masures. Plus que les masures, ce fut ce qu'elle distingua entre elles qui lui tira un grand sourire. Un puit.
La jeune femme flatta l'encolure de son ami caballin.


Mistral, il semble que le Très Haut ne veuille pas nous voir nous déssécher par bétise.

Léger sourire. Il fallut peu de temps pour que la cavalière, à pied et le cheval, assoiffé, parviennent aux maisonnées. La jeune femme s'annonca, main sur la poignée de l'épée, par habitude plus que par inquiétude. Une jeune fille sortit d'une des maisons et s'immobilisa en tombant nez à nez avec la Gaelig.
Eavan se détendit aussitot.


Pardon de vous déranger, et désolée de vous avoir fait peur.


Y'a pas souvent d'voyageurs par ici ... Vous êtes perdue ?

Je vais vers Toulon ... mais mon cheval a grand soif ...


Le regard méfiant de la jeune fille finit par s'adoucir. Elle eut un bref signe de tête auquel Eavan répondit en miroir, guidant son destrier jusqu'au bord du puit. La vicomtesse alla l'attacher à l'ombre et revint vers le puit duquel elle attrapa la corde. Elle distingua la mine amusée de l'occupante des lieux qui semblait désormais l'observer attentivement.

Dites pourquoi vot' mise porte un lion blanc ?

C'est l'emblème de ma famille, répondit la vicomtesse en commencant à tirer la corde pour remonter de l'eau.

Z'êtes noble aussi ?

Eavan perçut de la curiosité dans la voix et un sourire étira ses lèvres tandis qu'elle continuait à tirer sur la corde du puit, voyant enfin le bout d'un seau.

Oui je suis noble.

Et vous êtes seule ?

Je sais me défendre.


La Gaelig attrapa le seau et alla le porter à Mistral qui le bu sans ménagement. Elle le gratifia de quelques caresses avant de se tourner vers la jeune fille.

Et vous, vous vivez seule ici ?

Mes parents sont à la ville pour vendre la laine de nos moutons. Vous êtes vraiment noble ?


Eavan la regarda et partit d'un rire franc.

Pour sùr. Connaissez vous le seigneur des lieux ?

La jeune fille réfléchit.

Mon père m'a parlé d'un héraut qui annoncait quelquechose à ce sujet ... Les Comtes Zyelinsky je crois, sont seigneurs depuis plusieurs années ... Mais on a prié pour l'âme de la jeune comtesse et je ne sais pas qui est seigneur aujourd'hui.

La vicomtesse souriait doucement. Son cheval avait fini de boire, elle ramena donc le seau au puit et recommenca la manoeuvre afin de remplir ses outres.

Je ne pensais pas que l'on prierait ma cousine jusqu'ici ... Je vous remercie sincèrement d'avoir envoyé vos prières pour elle. Je suis Eavan Gaelig, et je suis vicomtesse de Rians.

Devant le silence stupéfait, et assez amusant, Eavan devait l'avouer, la jeune femme remplit ses outres sans rien ajouter. Puis, lorsqu'elle eut fini, elle se tourna vers la jeune fille.

Je vous remercie de la charité que vous m'avez accordée.

La vicomtesse retourna à son cheval et vérifia qu'il était reposé avant de retourner au pas vers le sentier. Passant devant ma jeune fille qui ne s'en remettait pas, elle lui glissa une pièce d'or dans la main en la remerciant de nouveau. La charité gratuite était la plus belle et Eavan ne pouvait que la récompenser.


Qu'Aristote veille sur vous fille de berger, lança-t-elle en mettant le pied à l'étrier.

Tandis qu'elle s'éloignait elle perçut un "merci". Ah, songea la vicomtesse, ça y est, elle a retrouvé sa langue. Rire léger. Un peu de spontanéité dans le monde de convenances qu'Eavan fréquentait ces derniers temps, cela ne pouvait être que salutaire. La Gaelig n'eut pas de difficultés à retrouver le chemin. Toulon ... Elle aurait su y retourner les yeux fermés. Mais consciente qu'il fallait ménager sa monture pour aller loin, elle se promit de d'abord faire une pause dans une grotte aux environs de la ville pour se restaurer et laisser Mistral souffler un peu.







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Hersende
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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mer 04 Juil 2012, 22:12

[Sur la route vers Brignoles... et Toulon]

Le trajet était agréable, et la voiture légère qui n'était entourée que de six gardes et d'un lieutenant au grand soulagement d'Hersende, filait rapidement sur la route bien entretenue qui reliait les deux capitales, Avignon et Aix.

Hersende aimait ces moments de solitude dans un véhicule, à voir défiler les paysages de sa Provence. Au loin les collines brûlées par le soleil montraient que l'on avançait déjà dans la saison estivale. Elle échafaudait des projets, mettant à profit ces instants dérobés à son emploi du temps en général surchargé. Aussi ne vit-elle pas les heures s'écouler...

Aix dépassée, la voiture et son escorte prirent la route de Brignoles, plus étroite que l'axe principal de Provence mais soigneusement entretenue pour les travailleurs au RMI puisqu'elle permettait de rallier l'Italie en passant par l'ancienne Draguignan.

Une halte rapide dans sa propriété de Brignoles, le temps de donner à son intendant quelques ordres en visitant sa grange :

Faites charger ces sac de maïs sur une carriole, Mateù, et faites-les porter aux greniers comtaux. Que l'on dise au Bailli que c'est le remboursement de ce que j'ai dû emprunter récemment pour soutenir des combattants dans le nord.

Après un regard nostalgique sur sa forge éteinte depuis des années et dont les éléments et les outils avaient été transférés après l'incendie depuis celle qu'elle possédait autrefois à Forcalquier, elle remonta dans sa voiture pour passer la nuit dans son manoir de Céreste, construction sobre et solide qu'elle ne visitait pas souvent.

Le lendemain, elle annonça au moment du départ à son cocher et au lieutenant de sa garde :


Nous allons à Toulon.
Mais Vot'Majesté, répondit l'homme du haut de son siège, la route est point possible en coche.
En effet Majesté,
intervint le lieutenant, plus personne ne passe par là et la route n'est plus praticable en voiture, à peine l'est-elle à cheval...
Eh bien s'il le faut je monterai! Faites-moi seller un cheval.

Non, non Vot'Majesté, j'y arriverai, pour sûr! Montez donc, et accrochez-vous, sauf vot'respect.

Le lieutenant ne semblait pas convaincu mais n'osa pas répliquer quand Hersende, avec un sourire au cocher, monta dans la voiture. Depuis que le port et la ville avaient été submergés par un raz de marée qui n'avait laissé derrière lui que des ruines, la population avait déserté les lieux et la route n'était plus guère empruntée par des véhicules. Seuls de rares voyageurs à pied ou à cheval ou des brigands en cavale se rendaient encore à Toulon.
C'est justement ce qui attirait Hersende en ce lieu. Nulle police ne patrouillait dans cette partie de la Provence si bien que l'ancien port était une zone de fragilité dans le système de surveillance des côtes qu'elle tentait de mettre en place.


La voiture prit donc la direction du sud et rapidement, ballottée en tous sens par les cahots du véhicule, elle constata l'exactitude des prédictions : la route, non entretenue, était entaillée d'ornières profondes et le cocher devait user de tout son art pour diriger la voiture en évitant les creux.
Les heures s'écoulèrent, lentes et inconfortables. Hersende commençait à se demander s'ils seraient rentrés le soir car emprunter une telle route après la tombée de la nuit paraissait relever de la folie. Déjà de jour...


Alors qu'ils approchaient de Toulon et traversaient une forêt de chênes lièges , un sanglier surgit et traversa la route, effrayant les chevaux et provoquant un écart de celui qui tirait le véhicule. Le cocher tenta de la maîtriser , mais ne put empêcher la roue avant de la voiture de s'engager dans une ornière. On entendit un craquement sinistre... le véhicule oscilla quelques secondes pendant lesquelles on crut qu'il allait se rétablir... puis s'écrasa sur le côté dans un fracas épouvantable et un nuage de poussière.

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Hersende de Brotel, Comtesse de Valréas et de Mazan, Baronne d'Istres, Dame de Céreste

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Eavan
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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Jeu 05 Juil 2012, 19:48

[La Grotte ...]

Assise sur un rocher, une mirabelle dans la bouche, quelques uns dans la main et une dizaine de noyaux l'entourant, Eavan profitait de l'instant. La grotte était telle que dans son souvenir. Elle avait tant fait la fête ici avec les toulonnais. C'était une autre époque. Les premières secondes, la vue de cette cavité rocheuse vide et froide lui avait serré le coeur puis les images du passé étaient venues se greffer et la grotte avait retrouvé un peu de sa chaleur.

La vicomtesse regardait Mistral brouter paisiblement. Il ne connaissait pas ce coin là. Calabrùn y serait venu les yeux fermés. Mais pour l'heure le vieux destrier prenait un repos mérité sur les terres salonaises. Le sourire d'Eavan semblait éternel. Les yeux portés devant ... loin devant ... Sur Mistral et tellement plus loin derrière lui : les ruines de Toulon et l'horizon méditerranéen.
Cette contemplation était rythmée par l'expulsion des noyaux de mirabelle, d'une façon tout à fait impropre à des convenances de cour : crachés en règle le plus loin possible. La Gaelig s'amusait comme une gamine.


Je devrais venir plus souvent, admit elle à mi voix.

Mistral leva la tête un instant avant de replonger le museau dans les herbes folles. Eavan fixait Toulon. Une autre vie. Pas si différente et pourtant ... Finalement c'était peut être aussi tout simplement le fait du temps. Ce voleur. Le temps passant, plus personne ne se souvenait d'Eavan avant. Avant les fonctions, les responsabilités et les charges qui lui avaient inculquées, bien avant le rang de noble, à mesurer son comportement et à se méfier des opportunistes. Enfin mesurer ... Fallait pas trop en demander quand même. La proximité des gens lui manquait, mais si peu comprenaient qu'elle ne pouvait se permettre d'être familière autant qu'elle l'aurait voulu.

Alors qu'elle se dirigeait vers son cheval pour resserrer la selle, la jeune femme crut voir un mouvement du coté de la ville. Pas plus infime, à cette distance, qu'une fourmi mais ... suffisant pour plisser un peu les yeux. Après avoir examiné le bord de mer durant plusieurs minutes, elle finit par trouver ce qu'elle cherchait. Un homme, ou une femme, portant un large bagage sur son épaule se déplacait. Intriguée, la Gaelig acheva de rassembler ses affaires, vérifia l'arnachement de sa monture et mit le pied à l'étrier.
Une ville abandonnée pouvait offrir un abri providenciel à tout type de nécessiteux : sans abri, vagabonds, voyageurs ou bien des moins honnêtes ... En se rapprochant, ayant une plus large vue du port de la ville, elle distingua une voile à demie repliée. Froncement de sourcils. Ce n'était plus de la curiosité, une inquiétude sourde, et malheureusement très familière envahit la vicomtesse. Et s'il y avait danger ?
Connaissant parfaitement les environs, la jeune femme décida de s'approcher un peu afin de glaner quelques informations de plus. Les chemins qu'elle emprunterait la cacheraient aux regards venant de la ville ...

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Dim 08 Juil 2012, 22:59

[A quelques lieues de Toulon]

Sous le choc, les montants de l'attelage se brisèrent,libérant le cheval fou de terreur qui partit au galop dans la forêt, traînant ses rênes. Le cocher fut éjecté et son corps heurta brutalement un arbre.
La plus grande confusion régnait : les gardes peinaient à maîtriser leurs montures dans la poussière, les hennissements affolés et les cris qui fusaient de toutes parts. Le lieutenant, quoique d'une certaine corpulence et d'un âge déjà avancé, fut plus rapide que les autres : sautant de sa selle, il grimpa sur la voiture renversée, ouvrit violemment la portière et se glissa à l'intérieur.

Aidez-moi, il faut sortir la Marquise!

Les autres gardes vinrent rapidement l'aider et ensemble, ils extirpèrent le corps inanimé d'Hersende, qu'ils déposèrent soigneusement au bord de la route sur une cape que l'un d'eux avait étendue par terre pour lui servir de matelas.
Elle respirait.
Nulle blessure apparente, mais la chevelure défaite, les vêtements déchirés, la pâleur de son visage et ses yeux clos inquiétaient fortement les hommes qui l'entouraient.

Un garde revint après avoir été examiner et secourir le cocher :


Le cocher est en vie... mais il a une jambe cassée et souffre beaucoup!

Le lieutenant avait emprunté la gourde d'un de ses hommes et penché sur Hersende, passait un mouchoir imbibé d'eau sur son front. Il examina la situation et prit des décisions rapides qui dénotaient son habitude du commandement :

Il nous faut de l'aide. Theo, Daniè, partez à toute vitesse à Brignoles chercher une autre voiture. Nous devons transporter Sa Majesté et le cocher. Marius, Toni, attachez les chevaux et essayez de les calmer. Pascau, immobilise la jambe du cocher avec un bâton. Vas-y doux, ça va être douloureux...

A ce moment, Hersende ouvrit les yeux. Le regard vague qu'elle portait sur ceux qui l'entouraient prouvait bien qu'elle n'avais pas encore repris ses esprits. Puis elle sembla tout à coup reconnaître le lieutenant, souleva légèrement la tête et regarda autour d'elle.


La voiture, balbutia-t-elle, le choc... Comment va le cocher? s'exclama-t-elle soudain en reprenant conscience de la situation

Rassurez-vous Majesté, il n'est que blessé. Et vous-même, comment vous sentez-vous?

Un peu sonnée, je dois dire... Hersende eut un petit sourire, pas très réussi... et le bras douloureux, là où j'ai heurté la portière, mais rien d'insurmontable.

Laissez-moi voir, dit le lieutenant.

Il défit les lacets qui fermaient la manche déchirée de la robe de voyage et dégagea un bras violacé, tuméfié et gonflé qu'il palpa doucement avec l'habitude du soldat sur les champs de bataille, tandis qu'Hersende s'efforçait de rester stoïque.


Je ne suis pas médecin mais cela ne me semble pas cassé, Majesté.


Non, je ne pense pas effectivement. Mais allez donc vous occuper du cocher, Lieutenant. Il a sans doute davantage besoin de vos compétences que moi.


Les deux gardes qui avaient été désignés enfourchèrent leurs montures et partirent illico vers Brignoles.
Les autres aidèrent Hersende à se redresser car elle voulait prendre des nouvelles du cocher, sans s'appuyer sur son bras, puis alors que le jour commençait à descendre, préparèrent un campement de fortune : il faudrait sans doute passer la nuit sur place.

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Eavan
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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Dim 08 Juil 2012, 23:50

[Aux abords de Toulon ...]

Eavan ne savait même plus depuis quand elle était là. Endolorie par l'immobilité peu confortable à laquelle elle se contraignait depuis un moment, la jeune femme tachait de continuer à observer sans faillir. Un groupe avait monté un campement aux abords de la ville. Jusqu'ici, au total, elle en avait compté une dizaine. Beaucoup trop pour songer à agir seule.
Elle les regardait depuis une hauteur, ayant prit garde de laisser son cheval un peu plus en arrière encore, afin d'éviter d'être repérée bêtement. Surveiller ainsi, cela lui rappelait l'ost ... L'unité des Intouchables ... Le Lieutenant Kevin ... Une époque révolue ...


Depuis un petit moment déjà, la vie de campement n'offrait guère d'évènements notables à observer. Non pas que voir des gaillards faire des allers retours à leur navire et visiter les ruines de la ville pour quérir sans doute quelque objet de valeur soit inintéressant ... mais cela devenait quelques peu lassant. La vicomtesse avait vu ce qu'elle voulait voir. Pour bien faire il lui fallait retourner à son castel et signifier l'attroupement aux autorités, sans manquer, éventuellement, de renforcer les patrouilles de sa garde aux abords de ses terres. Alors que la jeune femme venait de prendre la décision de reprendre le controle de ses membres depuis longtemps ankylosés, un bruit vint rompre la monotonie de cette fin d'après midi ...
Un cheval.
Il était encore à bonne distance mais étrangement, il était particulièrement bruyant. Eavan n'était d'ailleurs pas la seule à l'avoir relevé puisque le campement était devenu silencieux et, la vicomtesse l'aurait juré, des lames avaient été mises au clair. Finalement la Gaelig distingua le canasson, totalement paniqué, trainant des restes de ce qu'on pouvait, par déduction, attribuer à un charriot, ou tout du moins un attelage. La vicomtesse, bien qu'à bonne distance, distingua sur la robe sombre de l'animal des traces blanchatres, signe que le pauvre animal suait toute son eau.


Le cheval passa son loin des navigateurs et alla s'égarer dans les ruelles toulonnaises. Au campement, cela semblait discuter ferme. Un homme, celui qu'Eavan soupçonnait pour être le chef, en désigna 6 qui récupérèrent des armes et se mirent en route vers le nord. La vicomtesse ne mit pas longtemps à percuter : un attelage brisé signifie une charge immobilisée et donc une proie facile.
Sans attendre la jeune femme se redressa, retenant un cri. Ses jambes lui semblaient être du bois, tout comme son bras gauche. Tout son corps ankylosé lui plaisait à se rappeller à elle en cet instant. Raide. Très raide ... La jeune femme rejoignit son destrier. Chaque mouvement lui était douloureux et en même temps, bouger lui redonnait un peu de souplesse et d'aisance.


La prochaine fois, je ferais plus attention à ma position ... gromella la jeune femme en mettant le pied à l'étrier. Son cheval lacha un petit henissement, aisément interprétable comme étant un ricanement, auquel Eavan répondit tout de go à voix basse. Oh ça va toi hein ...

Léger sourire tandis qu'elle se hissait en selle.

Non décidément je ne pourrais jamais me promener en paix.

Eavan dirigea sa monture sur un chemin de sente au travers des bosquets. Sa piste était légèrement plus en surplomb de celle qu'empruntait les hommes du campement. Eux étaient sur l'ancienne route menant à Toulon et la reliant à Brignoles tandis que la jeune femme empruntait les sentiers moins fréquentés. D'ailleurs la progression était parfois difficile et elle finit par les perdre de vue. Résignée elle rejoignit le chemin. Désormais ils ne pouvaient plus la voir non plus.
Au gré d'un relief avantageux du chemin elle devina entre les feuillages d'une forêt de chêne liège, une voiture de voyage renversée. Trop loin pour distinguer quoi que ce soit quant aux silhouettes qui l'entouraient, Eavan aperçut par contre clairement le groupe qu'elle suivait. Ils avaient un peu d'avance. Suffisamment pour la précéder à la voiture.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mar 10 Juil 2012, 09:24

[A quelques lieues de Toulon]

Adossée à un chêne-liège, assise sur la cape que le soldat lui avait laissée, Hersende regardait les hommes s’affairer pour préparer la nuit. Elle qui aimait l’efficacité, appréciait en tant que chef d’armée la rigueur de la gestion militaire : le lieutenant n’avait eu besoin de donne que de brèves consignes pour que chacun accomplisse la tâche qui lui avait été assignée.
L’un des gardes avait conduit les chevaux à la rivière heureusement proche pour leur permettre de s’abreuver puis les avait entravés près du camp. Pendant ce temps des branches avaient été ramassées pour un futur foyer destiné à les protéger des bêtes après la tombée de la nuit. La voiture avait été redressée et calée pour servir d’abri à la Marquise.

Si le visage du cocher n’avait pas montré par son altération la douleur que ressentait le pauvre homme, Hersende se serait prise à apprécier l’instant. Passer la nuit à la belle étoile, cela la changeait tellement de la routine protocolaire qui régnait à Avignon… et tant pis si le dîner risquait d’être des plus frugal ! Personne n’avait emporté de provisions pour un tour qui devait les ramener le soir même à Brignoles et comme les arcs ne faisaient pas partie de l’armement de la Garde… la chasse paraissait très compromise.


Le contre-coup de l’accident et du choc subi, le sentiment de ne rien pouvoir faire, la quiétude du lieu… Hersende s’assoupit doucement.


Ce fut un sentiment d’urgence qui la réveilla. Elle ouvrit les yeux : rien n’avait apparemment bougé, les derniers rayons du soleil oblique éclairaient le camp d’une lueur orange dorée, les gardes vaquaient toujours à leurs occupations, qui pansant les chevaux, qui allumant le feu…
Combien de temps avait-elle dormi? Elle aurait été incapable de le dire. Mais quelque chose l’avait alertée… Elle croisa le regard du lieutenant accroupi près du feu en train de tailler un bâton : lui aussi avait senti…

De là où elle était assise, elle n’avait qu’un champ de vision limité. Elle aperçut un mouvement furtif dans les buissons derrière le lieutenant et poussa un cri. Avertissement inutile : si aussitôt un homme en surgit et se jeta sauvagement sur le militaire, l’épée levée pour le taillader, celui-ci, tous ses sens en éveil, évita le choc et par réflexe lança violemment son bras en arrière, portant un coup de son couteau dans le ventre de l’homme qui s’effondra non loin de la Marquise.

Comme si cela avait été le signal, de l’autre côté de la route surgirent cinq individus en tenue de matelots et fortement armés d’épées et poignards qui se jetèrent sur le gardes. Tout s’était passé trop rapidement. Les deux gardes les plus proches n’eurent pas le temps de se saisir de leurs armes. Ils affrontèrent les malandrins avec les bouts de bois préparés pour le feu qu’ils rassemblaient, tentant d’esquiver les coups et de faire barrage devant la Marquise.
Le lieutenant qui s’était redressé et le dernier garde, l’épée en main, vinrent en renfort et tous resserrèrent les rangs.

Même en robe, Hersende voulait participer au combat. Elle s’approcha du corps agonisant du premier pirate dont la vie s’écoulait par la plaie béante qu’il avait au ventre et attrapa son épée. Mais quand elle voulut se redresser, elle lâcha cette dernière avec une grimace de douleur. Impossible de manier une épée avec son bras meurtri ! Elle la ramassa de la main gauche et alla se glisser à côté du cocher qui ne pouvait se déplacer. Elle lui confia l’arme et l’homme qui ne savait pas combattre, la prit à deux mains, la pointe dressée, prêt à embrocher quiconque tenterait de les approcher. Hersende quant à elle, devrait se contenter de manier de la main gauche le poignard italien qu’elle portait toujours sur elle et qui lui parut bien minuscule pour faire face à des assaillants si déterminés…


Près de la voiture, le combat faisait rage. Quoiqu’en infériorité numérique, les soldats tenaient bon. Mais ils ne parvenaient pas à repousser leurs adversaires qui cherchaient à les fatiguer…

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mar 10 Juil 2012, 22:05

[Pas loin ...]

Eavan avait perdu de vue voiture et marins. La faute au relief de cet arrière pays toulonnais. Mais, si ses estimations étaient justes, la voiture ne devait plus être loin. Le destrier était au pas, afin de ne pas être repéré des gens qu'elle suivait. La route lui semblait être calme. Peut être un peu trop.
Mal à l'aise, la vicomtesse fit accélérer sa monture. Au détour d'un chemin elle aperçut la voiture qui était là, à moins d'une cinquantaine de toises. Le jour avait décliné et nulle chance qu'elle puisse reconnaitre des visages mais elle parvint à compter le nombre de personnes installées là.

Trop calme. Beaucoup trop calme.

Un cri. Suivit d'autres. L'attaque survenait.

L'esprit de la jeune femme était habitué à ce genre de situation, de prise de décision. Son cheval était jeune, et fatigué. C'était un facteur à prendre en compte. Elle ne portait pour protection qu'un gilet de cuir par dessus une chemise. Autre facteur. Sa batarde et une dague à sa botte faisaient son armement ...
Les assaillants semblaient en surnombre et les défenseurs, s'ils semblaient savoir se débrouiller, étaient pris par surprise et le rapport de force n'était pas si évident à formuler.

Eavan tira sa lame. Elle lança Mistral. Pas d'hésitation.
La charge lui sembla être une éternité. Chaque enjambée du destrier résonnait dans sa poitrine. Elle sentit son coeur près à exploser, sa main devenir métal sur la poignée de son arme. Avoir un bras solide. Frapper fort, frapper sùr.

Le combat qu'elle rejoignait apparaissait un peu plus à ses yeux à chaque mètre franchit. Position des assaillants, position des défenseurs, avec plus de précision. Les défenseurs pliaient. Leur maigre ligne ployait sous le poids de la rage de l'assaut subit. Ils ne romperaient pas mais à si peu, ils ne sauraient pas tenir non plus.
Puis soudain, au milieu des informations purement martiales, la couleur de leurs mises vint frapper la vicomtesse. Couleurs marquisales. Eavan balaya la scène qui se jouait du regard sans parvenir à apercevoir la Marquise, puis, tandis qu'elle arrivait au contact, elle vit un assaillant tromper la vigilance de l'un des gardes, affairé avec son autre vis à vis. Le marin, libre de tout adversaire se détourna de la mélée pour charger ...
Cette fois elle la vit.
Hersende.
La vicomtesse était bonne cavalière. La faute aux exercices de joutes intensifs et à son intérêt pour le noble animal cheval. Une solicitation légère suffit à faire faire un écart au destrier qui évita de justesse le marin visé initialement. Une enjambée de plus suffirait.


Gaelig, jamais ne faiblit !

Cri de guerre rugit. Cette fois, cela y était. L'enjambée du cheval suffit donc, pour permettre à Eavan de faire une chose stupide. Quitter sa selle.
La jeune femme se laissa tomber sur l'assaillant qui n'était plus qu'à quelques pas d'Hersende. Lourdement. Avant de rouler dans la poussière, comme lui, et de se relever avec un masque d'impassibilité sur le visage. Epée en main, regard acéré, elle le vit se redresser, visiblement à peine sonné par la manoeuvre. Avec un peu de chance, songea la Gaelig ironiquement, je me serais plus étourdie que je ne l'aurais étourdit lui ... Mais elle ne laissa rien paraitre de son corps endolori et, souhaitant bien mettre les choses au point avec son adversaire, elle lacha :


Sur ma vie, on ne passe pas.

Garde tenue, prête à le recevoir. Et l'assaut ne tarda pas ...

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mer 11 Juil 2012, 16:57

Sous les arbres aux côtés du cocher, Hersende n'apercevait pas tous les combattants, une partie d'entre eux étant cachée par la voiture. Mais insensiblement, elle se rendit compte que sa garde commençait à faiblir sous la violence des assaillants.
Son attention était focalisée par ce qui se passait à quelques mètres d'elle où un soldat était en prise avec deux adversaires. L'un d'eux lui lança une attaque vicieuse qu'il parvint à contrer de justesse, mais à l'horreur d'Hersende, pendant qu'ils ferraillaient, le second en profita pour l'esquiver et s'avancer vers le groupe qu'elle composait avec le cocher.

Instinctivement, celui-ci affermit sa prise sur l'épée et voulut se redresser pour faire face dans un mouvement violent qui fit bouger sa jambe.
Il s'effondra avec un cri de douleur.
Hersende se retrouvait seule face au pirate dont elle ne pouvait discerner les traits, avec son fin poignard italien fermement tenu dans sa main gauche pour seule arme. L'homme s'avançait, prenant son temps maintenant qu'il s'était éloigné de la ligne des combats, certain de briser sans effort sa résistance et jouant avec sa proie.
Hersende, incapable de se battre, le regardait faire, impuissante et traquée... La panique s'empara d'elle...

Soudain un martèlement de sabots, un cri de guerre retentit :
Gaelig jamais ne faiblit!

Une ombre gigantesque se profila, un corps leste en sauta, renversant le pirate, pendant que le cheval poursuivait sa course folle en passant tout près du cocher qu'il faillit écraser.
Les deux silhouettes se redressèrent. Le pirate, délaissant sa proie, se tourna vers son agresseur et tous deux se firent face, se jaugeant avant de passer à l'attaque.

Eavan!
Hersende ne la distinguait pas mais ne pouvait se méprendre sur ce cri ni sur cette attitude de fauve prêt à bondir. Elle avait tant de fois regardé la Vicomrtesse s'entraîner avant des joutes!
Passée la surprise sur laquelle elle ne s'arrêta pas, une vague d'intense soulagement l'envahit. Elle avait une confiance aveugle dans les capacités de combattante de la jeune femme qu'elle avait déjà vue à l'oeuvre.

Mais le pirate était grand et menaçant, sans doute lui aussi roué aux combats. Quand les lames s'entrechoquèrent, l'angoisse étreignit à nouveau Hersende.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Jeu 12 Juil 2012, 00:32


Eavan avait vite prit en considération les données de ce combat. Si sa lame était de quelques pouces plus longue que celle du sabre d'abordage que l'homme tenait, son bras à lui compensait ces pouces perdus. Pas d'avantage à tirer de ce coté là. Pis encore, lui tenait à poignard en seconde main.
Le premier coup lui avait permit d'apprécier la vitesse de son adversaire. Pas manchot ... ni cul de jatte. La jeune femme se devait donc d'être un peu prudente, au moins. Car si elle faisait un faux pas, plus qu'un mauvais coup, elle savait qu'il n'y aurait plus rien pour séparer son adversaire de la Marquise. Et si elle avait prit l'habitude de la sensation de l'acier dans ses chairs, elle ne parvenait pas à s'habituer d'échouer à protéger les gens qu'elle appréciait.

L'homme frappa de nouveau. La pointe du sabre en avant, dans un coup d'estoc sobre. Sobre mais précis. Eavan esquiva souplement et frappa de taille en direction du cou découvert de son adversaire. S'en suivit un ballet de lames où la sienne fut détournée par le poignard puis alla dévier celle du sabre qui revenait de taille en menacant les côtes de la vicomtesse.
Habituellement le but était de rompre la distance de lame pour frapper directement l'adversaire mais dans ce cas précis, l'homme était armé d'une lame courte qui rendait la chose impossible.

La jeune femme tenta un nouvel assaut. Les lames se frolèrent. Son adversaire était décidément un habile bretteur, connaissant parfaitement les avantages de sa tactique et usant de sa lame courte avec beaucoup d'intelligence. Si bien qu'à la fin de l'assaut, tout ce qu'Eavan avait récolté, s'était une entaille au bras gauche.
La vicomtesse changea donc de tactique. Une petite feinte suffit à tromper le marin tandis que la lame de l'épée allait le désarmer de son poignard, tracant, au passage, une ligne rouge en travers de sa main.

Egalité.

Eavan se remit en garde, posant sa main gauche en renfort de sa droite sur la poignée de son épée, adoptant de fait une posture du maniement de l'épée à deux mains. Lame pointée devant elle, elle sut qu'elle avait désormais la main mise sur ce duel. Son adversaire était déstabilisé. Il s'accorda un regard en direction de son poignard qui gisait à deux pas de ses pieds. L'instant suffit à la Gaelig pour passer à l'attaque. Elle prit le fer et n'offrit aucune résistance, glissant contre la lame adverse. Un pas en avant lui permit d'arriver à distance de frappe et son pommeau alla percuter le visage du marin qui recula d'un pas, sonné ou surpris. Ou les deux. La jeune femme ne s'y attarda pas et avanca encore. Sa lame fut contrée, une fois ... Deux fois ... Il tenta de la frapper du poing, c'est son poing à elle qui trouva la pomette de son adversaire. A son tour il tenta un coup de taille qu'Eavan para sans difficulté. Elle le repoussa du pied.
Espérant la prendre de vitesse, il se jetta sur elle, sabre levé, prêt à s'abattre. Eavan fléchit davantage les jambes. Sa lame placée sur sa droite, pointe entre sol et horizon. Son léger mouvement de recul passa sans doute pour de la peur. L'homme lui arrivait dessus, il arma sa frappe. La Gaelig se propulsa en avant. Un pas. L'épée se releva vivement et le tranchant alla s'enficher sous les cotes du marin qui hoqueta sous le choc. Elle sentit l'homme contracter ses muscles, comme pour tenter un dernier sursaut et fit un pas de coté en remenant sa lame devant, ouvrant une large plaie béante en lieu et place du diaphragmme de son adversaire. Après avoir titubé deux instants, il s'effondra.

Essouflée, la jeune femme releva la tête en direction de la ligne de front. Un troisième marin était à terre, deux gardes semblaient touchés. Eavan alla préter main forte à l'un de ceux là, prenant à son compte un autre agresseur. Très vite gardes et vicomtesse eurent le dessus sur des marins qui, ayant vu trois de leurs camarades tombés, virent leur courage décroitre rapidement. Il suffit qu'un coquin de plus soit blessé pour que la débacle s'empare des trois hommes et qu'ils battent en retraite. Le jeu n'en valait plus la chandelle.

La Gaelig baissa sa lame et son regard croisa celui du lieutenant, reconnaissable à la fois à son uniforme et à son attitude. Léger signe de tête échangé. Puis l'homme s'occupa de faire le bilan de l'attaque et de gérer les blessures déclarées tandis qu'Eavan se détournait pour rejoindre la Marquise. Les quelques mètres à franchirent lui laissèrent le temps de faire son propre bilan. Ses acrobaties donneraient sans doute quelque échymose à l'épaule gauche et elle avait récolté une énième estafilade sans gravité au dessus du coude. En somme, rien de bien méchant. Un regard rapide à sa mise lui indiqua que la moitié droite de son gilet était constellé d'éclaboussures de sang, tandis que la jambe droite de ses braies portait une large tâche de ce même liquide. Constat régulier comme après chaque combat : combattre était salissant.
Arrivant devant Hersende.


Ils ont fuis. Le danger est passé. Vous allez bien ?

Contrairement à l'image qu'elle renvoyait à cet instant, la jeune femme avait parlé avec calme et douceur. L'inquiétude était sincère et elle ne souhaitait en rien brusquer Hersende qui devait quand même avoir moins l'habitude qu'elle de se faire attaquer de la sorte. Eavan avait bien compris, avec les années de combats et d'escortes, que chacun réagissait à sa manière et qu'il ne servait généralement à rien de secouer les gens comme des pruniers. Des prunes en tombait rarement.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Jeu 12 Juil 2012, 19:17

Hersende avait suivi avidement le combat, tremblant pour Eavan et vibrant au rythme des assauts. Elle même possédait une certaine maîtrise des armes, mais elle était loin de valoir celle de la Vicomtesse, qui avait acquis une expérience incomparable au sein de la Garde Episcopale.

Le combat terminé, Hersende s'apprêtait à féliciter et à remercier chaleureusement celle qui l'avait si courageusement sauvée mais la phrase d'Eavan, anodine en apparence et prononcée avec gentillesse, voire avec inquiétude, lui fit soudainement prendre du conscience su spectacle qu'elle devait offrir.
La robe déchirée, tapie à côté du cocher qui s'était évanoui, son pitoyable poignard tenu de la main gauche, elle avait dû apparaître comme une faible femme terrorisée. C'était le côté chevaleresque d'Eavan qui la poussait à s'enquérir d'elle...

Avec la plus grande confusion, Hersende devait admettre que, contrairement à son habitude de maîtriser les événements, de décider et de voir sa volonté réalisée quand elle donnait un ordre, cette fois elle avait subi l'enchaînement des circonstances. Le choc de l'accident, les contusions qui l'empêchaient de se battre, l'avaient transformée en une pauvre chose impuissante, à la merci d'un homme qui avançait vers elle menaçant et qu'elle savait ne pas pouvoir repousser.
Elle avait paniqué, se retrouvant dans la situation d'une proie. Plus de Marquise, plus de chef de guerre, d'habile négociatrice qui remportait sur les champs diplomatiques plus de victoires que sur les champs de bataille... plus rien de ce qu'elle était ou voulait être... juste une femme sans défense qui ne voyait aucun espoir de salut face à son prédateur et était paralysée par le terreur.

En même temps que l'immense gratitude qu'elle éprouvait pour Eavan, une vague de honte la submergea, la faisant se raidir et essayer de reprendre sa dignité.
Elle réussit maladroitement à se lever sans se servir de son bras droit et ignorant la douleur de sa jambe quand elle s'appuya dessus, et elle répondit :


Je vais bien merci...

Prise de remords de ne pas réussir à exprimer à Eavan tout ce qu'elle lui devait, elle poursuivit néanmoins sur un ton qu'elle s'efforça vainement de rendre léger :

Beau combat!

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Jeu 12 Juil 2012, 22:50

D'accord, la Gaelig était un peu brute de décoffrage ... Quoiqu'elle avait travaillé sur ce point. Mais l'attitude de la Marquise fut, à ses yeux, transparente. Après un bref instant où elle trouva Hersende ridicule de rougir de la situation, la jeune femme se souvint, à raison, qu'elle aurait eut sans aucun doute la même attitude, tout aussi ridicule soit dit en passant.
La vicomtesse avait bien tenté une amorce d'un geste destiné à aider Hersende a se relever mais le geste avait avorté. Peut être la souveraine le prendrait plus mal que bien un tel geste de sa part ?

La réponse de la Marquise ne la convainquit qu'à moitié. Certes, la lumière baissait et Hersende faisait de son mieux pour le masquer mais Eavan n'avait pu que remarquer que la dague était tenue main gauche et un simple regard confirma ses soupçons quant au bras droit.
Le compliment, enfin, servit avec un peu trop de légèreté pour que cela ne soit pas une volonté d'en rajouter un peu.

La Gaelig, si elle finissait pas savoir bien lire entre les lignes, manquait encore cruellement de répondant et ne savait que faire pour agir en conséquence. Deux choses lui semblaient particulièrement importante : la Marquise n'avait aucune honte à avoir et au vu de l'état de la voiture, Hersende devait avoir été sacrément secouée durant cette journée. Si l'envie de l'étriper lui venait souvent entre les quatre murs de la commission marquisat, et qu'elle doutait des sentiments de la Marquise à son égard, Eavan appréciait autant les qualités de chefs que la personnalité de celle ci. Il lui sembla donc évident qu'elle n'allait pas s'en débarrasser au plus vite.

Choix de la réaction effectué, la jeune femme se lanca. Face à la Marquise debout, mal assurée certes, mais debout, Eavan s'inclina poliment. Pas profondément mais plutot militairement.


Merci du compliment.

Léger sourire. Elle releva la tête. Après une brève hésitation, elle finit par trancher : elle s'inquiétait plus de la santé de la Marquise que de respecter le protocole. Dans un geste plus digne d'une confidence que d'autre chose, la vicomtesse posa sa main sur l'avant bras gauche de la Marquise et se pencha vers elle.

Mais s'il vous plait, reposez vous. Vous avez visiblement eut une mauvaise journée, poursuivit elle avec un bref regard en direction de la voiture. Nul besoin d'en faire trop ... Et puis, acheva la vicomtesse avec une pointe d'humour bien reconnaissable dans la voix, s'il vous arrivait quoi que ce soit, on penserait que j'y suis pour quelquechose.


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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Ven 13 Juil 2012, 17:58

Qui eût cru qu'Eavan l'Intransigeante pouvait faire preuve d'une telle délicatesse morale?

D'un geste, d'une simple phrase, elle avait permis à Hersende de reprendre place parmi ses pairs, lui restituant sa dignité. Elle ne s'était pas apitoyée, surtout pas! Elle l'avait laissé se relever seule et lui avait parlé d'égale à égale, balayant par cette attitude une partie de l'humiliation cuisante qu'avait ressentie Hersende.
Celle-ci lui en fut réellement reconnaissante : non seulement Eavan l'avait sauvée physiquement mais psychologiquement, elle lui avait permis de se retrouver, de remettre en place l'image de la Marquise... cabossée certes, mais fière!

Cela n'avait pris que quelques secondes. Les moments de terreur n'étaient pas oubliés - ils ne le seraient jamais, Hersende en était consciente - mais ils étaient enfouis tandis que réapparaissait l'apparente assurance habituelle. Hersende prendrait le temps de les faire ressurgir et de les étudier plus tard, analyse douloureuse sans aucun doute, mais nécessaire si elle ne voulait jamais plus revivre ça...

Elle put donc sans hésitation accepter la sollicitude de sa compagne, qu'elle interpréta comme un signe d'amitié... et non de pitié, surtout assortie de cette note d'humour caustique que la Vicomtesse savait manier avec art.
Elle eut un petit rire.


Ma foi, sans votre intervention, la Commission Marquisat aurait gagné en sérénité... mais il vous aurait fallu accélérer les travaux!

Malhabile, elle saisit la main de la jeune femme et la regarda droit dans les yeux.


Merci, Eavan.

Point besoin d'en dire davantage : le ton, le regard, la pression de sa main gauche sur le poignet étaient plus éloquents qu'un long discours...

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Dim 15 Juil 2012, 08:21

Eavan braqua son regard dans les yeux de la Marquise, bien loin du protocole et répondit avec simplicité :

Je vous avais promis Hersende que je ne laisserais personne s'en prendre à vous. J'ai cru comprendre que vous doutiez de ma parole depuis l'affaire du Comte d'Orange... Mais sachez que je n'en ai qu'une. Et si j'ai pu chuter vertigineusement dans votre estime, j'ai toujours pour vous suffisamment d'Amitié pour sauter d'un cheval au galop...

La jeune femme n'avait parlé avec aucune violence. Les mots avaient coulé, simplement. Ils étaient sortis. Ils le devaient. Car Eavan avait réagit aux mots de la Marquise avec une chaleur redoublée par le sentiment de profonde humiliation qu'Hersende lui avait fait ressentir, sans doute involontairement et peut être inconsciemment lors de ladite affaire d'Orange. Eavan s'était sentie insulté. D'autant plus en vérité qu'elle tenait Hersende en haute estime et que son point de vue, elle le respectait.

Gênée d'avoir laissé échapper un peu de sa vulnérabilité, la vicomtesse voulut se détourner en faisant mine de se diriger vers son destrier qui s'était arrêté non loin de là mais la main d'Hersende tenait toujours la sienne, avec force. Sans violence mais avec la force de la conviction que la Gaelig savait fort bien reconnaitre. Toutefois Eavan l'avait tout à fait oublié et toute occupée a se redonner une contenance après avoir viré pivoine, elle tira sur son bras par mégarde ce qui ne manqua pas de lui rapeller qu'elle portait une belle entaille sur ce bras ci précisément. Elle tacha au mieux de retenir une grognement ainsi qu'un juron douloureux. Et si du juron nul n'aura rien compris d'intelligible, le grognement ne pouvait préter a confusion. Son corps avait commencé a se refroidir après le combat. Les muscles malmenés se raidissaient. Les contusions ne tarderaient pas a apparaitre et cette coupure au bras se rappela à elle sans délicatesse. Portant sa main droite à son bras gauche elle releva vivement la tête vers Hersende, espérant encore pouvoir lui faire croire que ce n'était rien... Pas gagné...


hrp: desolee pour les eventuelles fautes...post redigé sur telephone.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Dim 15 Juil 2012, 15:23

Ah qu’elles étaient loin en cet instant leurs joutes verbales où les propos acérés fusaient et faisaient souvent mouche quoique chacune d’elles fût apparemment caparaçonnée d’indifférence !


Hersende avait devant elle l’Eavan qu’elle avait appris à connaître avec le temps.

C’était cette Eavan-là qui, l’année précédente, alors qu’elle souffrait encore des séquelles de combats récemment menés, était venue rechercher Hersende à Genève où elle avait été conduite contre son gré et ensuite retenue – oh sans violence certes, mais sans possibilité de rentrer par ses propres moyens…

C’était celle qu’Hersende avait considérée comme son amie, jusqu’à cette affaire à propos du Comte d’Orange quelques mois plus tôt.
Décidément à croire que celui-ci n'était né que pour lui gâcher la vie… De tous les griefs qu’Hersende avait envers lui, parmi lesquels se trouvaient non moins que la trahison envers son pays et l’atteinte à plusieurs reprises à son honneur, c’était d’avoir rompu cette amitié entre les deux femmes qu’elle lui tenait le plus rigueur.

Mais il y avait eu cette incompréhension, ce courrier malheureux qui avait été mal interprété par Eavan qui y avait vu un appel à faux témoignage. Comme si Hersende était capable de demander à quelqu’un de trahir sa parole… Rien que de l’imaginer, c’était considérer qu’elle n’avait aucun honneur !

Dans un contexte déjà tendu par des froissements précédents, les deux orgueils s’étaient dressés, les mots avaient pris pour chacune un sens injurieux et la rupture avait été entérinée.
Hersende en avait terriblement souffert, mais elle était trop fière pour quémander l’amitié de quelqu’un qui la croyait malhonnête. Une véritable amie n’aurait jamais pu être effleurée par une telle suspicion.

Les semaines s’étaient donc écoulées, les mettant face à face chaque jour et les voyant s’affronter quotidiennement. Hersende maintenait une politesse respectueuse et glacée vis-à-vis d’Eavan, mais celle-ci prenait apparemment un plaisir malsain à déformer tous ses propos et à les transformer en attaque…


Et soudain, là, alors qu’elles se trouvaient face à face, encore sous le choc des événements qui venaient de se produire, Eavan baissait sa garde : ses propos avaient l’accent de la vérité. Elle aussi exprimait la souffrance endurée et le ressentiment qu’elle avait gardé de cette rupture.

Mais la jeune femme n’aimait pas se montrer vulnérable et elle tenta de se dégager. Hersende lui lâcha le bras quand elle poussa un grognement de douleur.


Je n’ai jamais douté de votre fidélité à vos serments, Eavan… Elle s’abstint de poursuivre, l’heure n’était pas aux explications en public. Mais nous sommes toutes deux en piteux état, enfin surtout moi , poursuivit-elle avec un sourire, et cette blessure – elle désignait le bras d’Eavan - mériterait d’être pansée. Quant au pauvre cocher, il a besoin de soins.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Dim 15 Juil 2012, 17:02

Eavan opina. Hersende avait parfaitement raison et ses mots avaient su ramener la vicomtesse a des considérations plus immédiates. Elle réflechissait à la situation lorsque le lieutenant marquisal se rapprocha pour faire son rapport a la marquise. Deux gardes avaient été blessés légèrement durant le combat. Eavan l'écouta faire une rapide description des combats qu'Hersende n'avait pu voir en regardant les autres gardes rassembler les cadavres des marins à l'écart. Espérons que leurs compères ne reviennent pas en pleine nuit poir laver le sang par le sang songea-t-elle.

Majesté, intervint Eavan après que le lieutenant se soit tut, nous sommes juste au sud de mes terres. Je suggère que nous nous organisions pour atteindre au moins un hameau. Je ne suis pas médicastre mais, son regard alla en direction du cocher, je doute qu'avec une jambe en pareil état, cet homme puisse s'offrir le luxe de reporter les soins.

La vicomtesse ajouta ce qu'elle savait à propos des effectifs ennemis, partageant ses craintes avec Hersende. La jeune femme proposa que l'on confectionne un brancard de fortune et qu'on se serve de son cheval pour le tirer, afin de pouvoir transporter le cocher. Elle proposa également de laisser sa monture a la marquise en assurant elle même le guide.

Nous saurons bien bricoler quelques torches afin de ne pas évoluer en pleine obscurité.

Eavan songea que dans leur péripétie ils avaient de la chance puisque la nuit était claire. Elle calcula qu'il leur faudrait quelques heures pour atteindre le premier hameau sur la route. Mais si le jour baissait de plus en plus, la nuit ne serait pas totale avant un long moment. Le tout était de se décider très vite.
La vicomtesse attendait le verbe d'Hersende. Elle ne remettrait pas son choix en question quel qu'il fut. Pas devant sa garde. Dans tout les cas, Eavan se savait capable d'attendre le lendemain pour être soignée. C'était pour le cocher et pour la marquise qu'elle s'inquiètait le plus. Dans l'attente, elle déchira un bon de sa manche qu'elle noua avec le renfort de ses dents, sur sa blessure afin d'au moins faire cesser le saignement.



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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Lun 16 Juil 2012, 20:52

Hersende avait volontairement brisé ce moment d'intimité.

Toutes deux restaient éprouvées par le choc des événements récents et si cela avait permis de voir se fissurer les armures morales qu'elles s'étaient forgées, elle doutait d'être en état de supporter un affrontement... et qui était capable de savoir comment Eavan régirait?
Certes elle avait laissé entrevoir que cette chaleur qu'Hersende lui avait connue auparavant n'était sans doute pas totalement éteinte, mais elle avait aussitôt tenté de se dégager avec une certaine brusquerie. Et la manière dont la Vicomtesse reprenait pied dans la réalité de l'instant - réalité qui s'imposait à tous, d'ailleurs, la situation du groupe n'étant guère brillante - montrait bien qu'elle ne souhaitait pas s'épancher davantage.

Avec le sentiment confus qu'elle était peut-être en train de rater quelque chose d'essentiel, Hersende écouta le rapport du lieutenant. La victoire était totale sans grand dommages. Seul l'état du cocher paraissait véritablement préoccupant.
Eavan intervint avec son efficacité coutumière mais en lui laissant le choix des directives, respectant son autorité devant sa Garde, ce dont Hersende lui sut gré
.

Vos informatons sont précieuses Eavan. Lieutenant nous allons tenter de rejoindre le hameau dont nous parle la Vicomtesse. Si vous avez deux hommes encore valides, il serait préférable que le brancard soit porté plutôt que traîné. J'ai vu la douleur que provoquait le moindre choc sur la jambe du cocher. Il ne supportera pas les cahots de la route.

Alors que les gardes s'affairaient pour obéir à ses ordres transmis par le lieutenanr, Hersende se tenait appuyée à un arbre, car sa jambe gauche la portait difficilement, mais elle ne voulait pas paraître diminuée. Voyant Eavan arracher sa manche et tenter de nouer le pansement avec ses dents, Hersende lui demanda :


Puis-je vous aider Eavan? Je n'ai qu'une main de valide, mais à nous deux, nous allons peut-être réussir?

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mar 17 Juil 2012, 18:37

Eavan s'immobilisa et releva la tête vers Hersende, les dents encore refermées sur la pièce de tissu. La scène était cocasse. La vicomtesse avait l'expression d'un enfant prit sur le fait. Et il fallait admettre qu'il y avait plus glorieux qu'être tenue en échec par un morceau de sa propre manche.
La jeune femme resta ainsi en suspend un bref instant avant d'éclater de rire. Elle devait en effet être des plus ridicule a se battre avec ce tissu. Elle qui ne souhaitait pas déranger Hersende avec ses tracas. Loupé. Avec un sourire aux lèvres, la Gaelig se rapprocha de la marquise. Elle n'avait pu que remarquer qu'une de ses jambes semblait faiblir. Eavan songea qu'elle saurait quoi dire la prochaine fois qu'Hersende lui reprocherait un excès de fierté.


Volontiers! A deux nous devrions en effet en venir a bout lacha Eavan en tendant un bout de la pièce de manche à Hersende. Elle lui indiqua simplement de ne pas hésiter a serrer, ajoutant de ne pas prendre garde au fait que cela lui serait désagréable.

Hersende, vous prendrez mon cheval. Je ne vous laisserais pas faire un pas avec votre jambe. lui glissa-t-elle discrètement a voix basse avec sérieux. C'est soit Mistral soit moi qui vous porte, à vous de voir qui le fera le mieux, ajouta-t-elle d'un ton un peu plus léger mais toujours aussi bas, de sorte que l'échange reste privé.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Jeu 19 Juil 2012, 16:27

Le rire d'Eavan détendit l'atmosphère. Tant bien que mal, Hersende de la main gauche attrapant avec maladresse le morceau de chemise et Eavan de même parvinrent à faire quelque chose qui ressemblait vaguement à un pansement qui empêchait la plaie de saigner trop abondamment mais qu'il faudrait changer rapidement.

Face à la proposition de prendre sa monture, faite avec sincérité et une note d'humour, Hersende répondit sur un ton amusé :


Je ne voudrais pas vous infliger une telle charge... nous risquerions de manquer de dignité, ne croyez vous pas?Puis soudainement, elle ajouta très sérieusement : J'accepte volontiers Eavan. Je m'aperçois que le choc de l'accident m'a laissée moins vaillante que je ne le croyais...

La troupe s'organisa.
On laisserait là la voiture que l'on récupérerait plus tard. Les cadavres avaient été dissimulés tant bien que mal dans les buissons de l'autre côté de la route mais nul ne se faisait d'illusion : si leurs compagnons qu'Eavan avait aperçus à Toulon partaient à leur recherche, ils ne tarderaient pas à les retrouver... et sans doute à vouloir les venger.
Il ne fallait pas traîner dans le coin.

Deux soldats avaient confectionné avec deux montants récupérés sur la partie non brisée de l'attelage et des capes qu'ils y avaient attachées un brancard de fortune où le cocher fut déposé le plus doucement possible. Le pauvre homme souffrait tellement que le transport lui arracha des cris de douleur et la faiblesse et l'épuisement aidant, il s'évanouit une fois de plus, plongeant dans une bienheureuse inconscience qui permit aux soldats de l'installer sans perdre de temps.
On avait aidé Hersende à monter sur le cheval d'Eavan.
Les soldats blessés marchaient l'un à l'avant l'autre à l'arrière, l'épée à la main et de l'autre une torche faite d'une branche de chêne entourée d'un morceau de tissu prélevé sur les cadavres des pirates. Ce n'était pas le grand luxe, mais cela éclairait un peu la route. De plus la nuit était claire...
Le lieutenant et Eavan, de part et d'autre du convoi, surveillaient la forêt qui paraissait bien hostile dans l'obscurité.


Eavan, à quelle distance estimez-vous les premières maisons? demanda Hersende alors que le convoi s'ébranlait.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Ven 20 Juil 2012, 16:45

La vicomtesse avait opiné, satisfaite, lorsque la Marquise avait accepté de prendre monture, et plus encore, ce fut le fait qu'elle prenne conscience de son état qui indiqua à Eavan qu'elle n'aurait plus à s'en faire. Hersende était quelqu'un de raisonnable. Elle ne ferait pas de folie. La Gaelig saurait bien lui toucher deux mots lorsqu'ils seraient tous en lieu sùr ... Expliquer si nécessaire à Hersende qu'il était plus que normal de ne pas se sentir au mieux après une telle journée.
Eavan remit la discussion à plus tard, il fallait préparer le départ et partir. Elle se chargea elle même de vérifier l'état de Mistral. Le destrier avait été éprouvé par la journée mais saurait bien tenir un peu plus longtemps. Par chance, il n'avait subit aucune blessure. La jeune femme vérifia la tenue de la selle, régla au juger les étriers pour Hersende et fut de ceux qui l'aidèrent à monter. Nul doute qu'elle connaissait mieux que personne son cheval et personne n'osa lui indiquer qu'il n'était pas de son rang de s'occuper du confort de la Marquise une fois en selle.

Le groupe une fois prêt à partir, il s'ébranla. Eavan tenait le licol de Mistral de la main gauche, pour guider l'animal et veiller à ce qu'il ne fasse aucun écart. Ce n'était pas vraiment le moment d'ajouter une chute de cheval à la journée d'Hersende. Sa main droite était refermée sur la poignée de son épée. La Gaelig était vigilante.


Eavan, à quelle distance estimez-vous les premières maisons ?

Nous sommes à une lieue et demie, environs ... Etant donné notre allure, je dirais que nous y parviendrons dans deux heures.


La vicomtesse était tendue. Elle s'était de nouveau refermée, concentrée sur la situation et sur son rôle à tenir. Elle n'était plus la jeune femme souriante mais la garde en escorte. Ses changements d'attitude pouvaient sembler extrêmes, mais ils étaient cohérents avec la situation. La Gaelig savait très bien quelle résistance saurait offrir le groupe. La fatigue, les blessures étaient là. Et si en plus ils se faisaient surprendre, cela ne se passerait pas très bien. Eavan était donc tendue, et cela s'était ressenti sans doute, dans sa réponse. Elle n'avait pas été sèche, ni froide mais ... son ton n'incitait sans doute pas à poursuivre l'échange en une longue conversation.

Le groupe progressa lentement. Eavan indiqua les sentes les plus simples d'accès, les plus utilisées dans la région. Elle savait qu'un groupement de fermes était établit un peu plus au nord. Les gens vivant là et exploitant la terre avoisinantes avaient même fait élever une sorte de maison forte et une tour de guet dont la base était de pierre et le reste de bois. La jeune femme s'y était souvent arrêtée du temps où elle habitait Toulon et se rendait dans ses terres de Barjols. La Gaelig était convaincue qu'ils sauraient accueillir le groupe en détresse et sans doute même administrer quelques soins aux blessés.
Le trajet, s'il ne dura pas plus que ne l'avait estimé la vicomtesse, fut pénible. Entre la tension palpable et les brêves périodes de conscience du cocher, ponctuées de cris et de gémissements douloureux, les nerfs de tous furent mis à rude épreuve. Le soulagement fut donc presque audibles lorsque la lueur d'un feu de veille fut visible et que les murs des batisses se dessinèrent devant eux.

Eavan entendit le lieutenant encourager ses hommes pour franchir les dernières toises. Ils étaient tous épuisés. La jeune femme le laissa d'ailleurs les annoncer. Leur arrivée entre les batisses fut sans nul doute, un grand évènement. Tous les habitants, à l'exception des plus jeunes enfants, s'étaient rassemblés. Il y avait de sortie, une quinzaine d'âmes dans ce petit hameau.
Très vite, la surprise laissa place à la prise en charge des naufragés de la route. Un homme donna des consignes. Eavan reconnut d'abord sa voix puis il vint vers elle. Elle le connaissait bien puisqu'il était en quelquesorte, le chef de la communauté, ou tout du moins, une autorité respectée.


Girome, quel plaisir de te revoir, même si les circonstances ...

La Gaelig ponctua ses mots d'une franche accolade. Elle connaissait le barbu depuis des années, bien avant que ses titres ne prennent plus de place que son propre nom dans ses signatures.


J'vois ça, tu nous rapporte un sacré équipage ... C'est bien les couleurs d'not' Marquise que je vois là non ?

Oui d'ailleurs ...

Eavan sourit, se retournant pour aider Hersende à mettre pied à terre. Ci fait, elle se placa entre les deux personnages et fit les présentations avec application comme si elle était encore maitre d'armes.

Votre Majesté, je vous présente notre hôte, Girome dicte le Barbu. Girome, tu es en présence de Sa Majesté Hersende de Brotel, Marquise du Marquisat des Alpes Occidentales.

Le fermier devint livide, du moins c'est ce que la vicomtesse devina à la lumière des lanternes. Il effectua une révérence maladroite mais particulièrement appliquée.

La bienvenue votre Majesté, bredouilla-t-il.

Coupant court, coupant peut être d'ailleurs la politesse à la Marquise, Eavan reprit, dans un soucis pressant d'efficacité. Des hommes s'occupaient déjà du cocher et des gardes, à qui l'on avait apporté de l'eau et de quoi se remplir l'estomac.

Pourrais tu nous trouver quelque place à l'intérieur et de quoi nous remettre de nos émotions ?

Pour sùr. L'herboriste va s'occuper de votre blessé, expliqua le Barbu en faisant référence à une vieille femme qui connaissait à peu près tout ce qu'il y avait à savoir si les plantes qui soignent et les bons gestes à avoir face aux blessures les plus courantes ... Il arrivait parfois des accidents lors des travaux des champs ou de construction et c'était toujours la vieille herboriste qu'on appelait.
Eavan opina et glissa au fermier de transmettre à l'herboriste que l'on aurait besoin d'elle aussi auprès de la Marquise. Cela fut murmuré sur le ton de la confidence. Elle savait l'homme discret. Nul besoin d'ébruiter que Sa Majesté était blessée.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Sam 21 Juil 2012, 15:34

La route avait été longue et harrassante, même s'ils avaient parcouru peu de distance.
Les soldats qui portaient le brancard avançaient lentement et le cheval d'Eavan marchait au pas, guidée par sa maîtresse qui s'assurait de sa régularité. Néanmoins Hersende ressentait chaque claquement des sabots sur la route sèche dans sa jambe et son bras meurtris. Elle eût été bien incapable de faire la route à pied et ne se sentait même pas de taille à soutenir une conversation.
De toute façon, l'atmosphère ne s'y prêtait pas : la troupe avançait dans un silence assez tendu sauf quand le cocher se mettait à gémir et même à crier par moments. Le lieutenant et Eavan qui marchaient de part et d'autre de Mistral semblaient aux aguêts et la réponse que cette dernière avait prononcée d'un ton bref prouvait qu'elle était préoccupée et que ce n'était pas le moment de la distraire.

La lassitude avait peu à peu gagné le groupe, quoique la Vicomtesse les guidât avec assurance, connaissant apparemment bien la région au point de se repérer dans l'obscurité. Alors que l'endurance de tous commençait à fléchir, ils parvinrent à ce qui ressemblait à une ferme fortifiée, entourée par quelques autres bâtiments.
Au bruit que firent les arrivants, en sortirent des familles de paysans qui les regardèrent avec des yeux écarquillés qui se reflétaient dans la lumière des torches.

Ils firent halte au milieu d'un cercle de lumière où Eavan prit dans ses bras un homme barbu d'où émanait une certaine autorité et qui semblait être le chef du village. Elle aida ensuite Hersende à descendre de Mistral - opération délicate - et effectua des présentations très protocolaires
Hersende regardait l'homme qui semblait impressionné du rang de ses visiteurs et elle s'apprêtait à prononcer une phrase de salutation aimable pour essayer de le mettre à l'aise, quand Eavan lui coupa la parole en demandant le gîte, les soins et le couvert. Brisée dans son élan et piquée malgré la fatigue par ce manque de respect, Hersende retint une réplique vive quand elle réalisa que la Vicomtesse parait effectivement au plus pressé.

Les dispositions pratiques prises, elle put s'adresser à leur hôte :


Merci de votre accueil, Girome. Nous avions bien besoin d'un hâvre ce soir.

On les fit pénétrer dans la maison forte, dont les murs étaient percés d'ouvertures étroites protégées par de lourds volets de bois. Dans la salle principale un feu brûlait dans la cheminée, répandant une chaleur qui parut à Hersende appréciable malgré la saison car l'épaisseur des murs gardait la fraîcheur et l'épuisement du trajet l'avait laissée glacée. Une marmite laissait échapper un délicieux fumet de soupe.

Après avoir donné des consignes à plusieurs femmes qui se trouvaient dans la maison, Girome apporta une chaise près du foyer :

Si vous voulez vous chauffer, Votre Majesté. Ma femme va vous préparer une chambre et à dîner. Pour l'heure nous n'avons que d'la soupe : en voulez-vous un bol?

Ma foi, je dois dire que votre soupe sent rudement bon! Eavan, en prendriez-vous également?

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Sam 21 Juil 2012, 16:59

Tandis que l'équipage s'installait et que Girome transmettait de nouvelles consignes, Eavan resta près de son destrier. Elle desserra la selle et le flatta. Un des deux fils de Girome, qui avait une fille également, s'approcha.

Dame on m'a mandé d'm'occuper vot'cheval, déclara le gamin qui ne devait pas dépasser les 11 ans.

Eavan opina.

Il s'appelle Mistral. Prends en grand soin.

Elle acheva de défaire l'arnachement et tendit les rènes au palefrenier qui guida le cheval jusqu'aux écuries. La vicomtesse rejoignit ensuite le maitre des lieux qui invitait la Marquise à le suivre dans la pièce principale de la maison forte. Eavan suivit le mouvement. La pièce était longue d'une dizaine de mètres et large d'un peu moins. La Gaelig avait souvenir qu'une cuisine s'étendait dans une salle derrière la cheminée. Le sol était fait de larges dalles de pierres lissées par l'usage. Au plafond, de larges poutres soutenaient le plancher de l'étage où se situaient les chambrées. Les tables n'étaient pas encore débarrassées. La vicomtesse laissa son regard courrir dans la pièce. Ici quelques paniers, là un coffre. La pièce était peu meublée mais n'en était pas froide pour autant. Elle avait pu manger à cette table de nombreuses fois et elle savait que les quelques familles qui vivaient dans le hameau avaient un grand sens de l'hospitalité.
Eavan émergea de ses pensées lorsqu'elle entendit la voix d'Hersende prononcer son nom. La Gaelig sentait la fatigue s'abattre sur ses épaules comme une écharpe de plomb. Le groupe était en sécurité. La Marquise était en sécurité. Ici il n'y aurait nulle attaque. N'ayant pas entendu le propos de la question, la jeune femme la fit répéter avant d'opiner. Oui elle prendrait de la soupe.


Je t'apporte ton siège habituel ? demanda Girome un sourire amusé au lèvres.

Je m'offusquerais que tu ne le fasse point ! répondit Eavan avec le même sourire.

Quelques instants plus tard donc, on posa un coffre fasse à la chaise d'Hersende, sur lequel on placa une couverture. Girome, à renfort de courbettes exagérées, invita la jeune femme à s'asseoir, ce qu'elle fit après moult remerciements tout aussi exagérés. Il installa ensuite un autre coffre pour faire office de petite table pour les deux femmes. L'homme s'excusa, il avait à faire et laissa sa fille, Maria, servir au deux nobles un bol de soupe.
Eavan profita du temps qu'il lui fallait pour servir Hersende pour se défaire de son épée et en vérifier la propreté. Une légère moue conclua le bref examen. Il lui faudrait s'en occuper.


Dame, ta soupe.

Eavan sourit, posa l'épée, au fourreau, à coté d'elle et se saisit du bol que lui tendait la jeune fille de 14 ans. Elle la remercia. Attendant qu'elle s'éloigne pour relever la tête vers Hersende.

Ne vous inquiétez de rien. Reposez vous.

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Lun 23 Juil 2012, 09:14

Il faisait bon, auprès du foyer. Hersende ressentait particulièrement l'atmosphère chaleureuse de cette maison, alors qu’elle tenait dans ses mains son bol en attendant que la soupe refroidisse. Chacun y accomplissait la tâche que Gérome lui avait assignée, avec rapidité mais bonne humeur. La fille du barbu avait de bonnes manières mais était restée simple et souriante quand Hersende l’avait remerciée.

Hersende parvenait enfin à se détendre, elle allait peut-être réussir à oublier la vision de cet homme qui s’avançait vers elle, désarmée et impuissante. Alors que celle-ci s’imposait dans son esprit, lui faisait repenser à la panique éprouvée, quelque chose de ses pensées dût se refléter sur ses traits ou dans son regard car Eavan éprouva le besoin de la rassurer une fois de plus :


Ne vous inquiétez de rien. Reposez vous.

Hersende sourit à la Vicomtesse, au-dessus des vapeurs qui s'échappaient du bol de soupe.

Ca va mieux, Eavan. Nous sommes désormais en sécurité chez ces braves gens. Nous avons tous besoin de repos, je crois, mais d’ici quelques temps cette affaire ne sera plus qu’un désagréable souvenir. Et votre bras, ne vous fait-il pas trop souffrir ?

L’inquiétude était sincère. Elles étaient seules, chacun dans la maisonnée respectant leur intimité… et après une courte hésitation, Hersende poursuivit :

Vous savez Eavan, je n’ai jamais douté de vous, pas un instant, jamais… même si vous l’avez cru…

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MessageSujet: Re: [RP] La roue tourne   Mar 24 Juil 2012, 00:13

Pour toute réponse à propos de son bras, la jeune femme eut un bref sourire. Si la tension avait su parfaitement l'aider à faire fi de la douleur, désormais elle n'était plus là et sa blessure au bras lui distillait dans tout l'avant bras et l'épaule une douleur lancinante. Cela n'allait pas en s'améliorant. Mais il n'était pas utile d'être abrupte et le sourire fut là pour détourner poliment la question. Il aurait pu aisément s'accompagner d'un très classique "oui, oui".

Eavan tenait d'ailleurs son bol d'une main, sentant la chaleur la lui réchauffer. Elle sentait que cette douce sensation virerait à la brulûre d'ici quelques secondes. D'un geste un peu raide, elle déposa la soupe fumante sur le coffre-table.


Vous savez Eavan, je n’ai jamais douté de vous, pas un instant, jamais… même si vous l’avez cru…

La Gaelig sentit, malgré la fatigue, un peu de son sang chauffer gentillement. Il y avait là matière à entrer en polémique, sans aucun doute. Mais ... était ce la chaleur encore présente dans le creux de sa main ? celle du foyer qui lui tissait doucement un cocon de langueur ? le poids de la fatigue ? la sécheresse de son gosier ? Elle ne sut pas vraiment et s'entendit garder le silence un instant avant de formuler une réponse.
Et lorsqu'elle parla, la voix était calme. Il n'y avait pas une once de reproche, d'agressivité, de sécheresse ou de la distance habituelle ... Juste l'expression de ce qu'elle avait ressenti, sans jugement, simplement un parfum de sincérité, bien au délà de la franchise parfois un peu brutale de la vicomtesse.


Votre missive m'accusait quand même de n'avoir pas dit la vérité ... Alors que la vérité c'était bel et bien que cela faisait belle lurette que je ne suivais plus vos disputes avec le Comte d'Orange. Si j'avais continué à vous suivre tout deux assiduement, je pense que j'aurais déjà étranglé l'un de vous, ou les deux ... ou au moins tenté ... sans méchanceté hein ... par instinct de survie, simplement.

Léger sourire.

Mais bon ... vous n'auriez pas été la première à remettre en cause mon honnêteté ... et tout le reste ... D'autres l'ont bien fait ... et très bien même ...

Nouveau sourire, moins amusé que le précédent. Beaucoup moins même.

Je vous respecte énormément ... je vous aie toujours respectée ... Même lorsque nos avis divergent ... C'est bien simple, les gens que je ne respecte pas, je ne perds pas de temps avec eux.

Eavan souriait, de nouveau plus détendue. Son regard se porta à sa soupe, dont les volutes de vapeurs ne cessaient pas de s'élever. Il faudrait attendre encore un peu pour se bruler la langue. Maria repassa et déposa deux godets et un pichet d'eau qui lui value un signe de tête de la vicomtesse en guise de remerciement. Le regard s'attarda sur le pichet, songeur ...

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